‹ Jules CésarChapitre 8 sur 22 · ACTE III. · Scène première.

ACTE III. · Scène première.

Rome. — Le Capitole. — Le Sénat est en séance.

Une masse de peuple dans la rue conduisant au Capitole ; dans la foule, ARTÉMIDORE et le devin. Fanfares. Entrent CÉSAR, BRUTUS, CASSIUS, CASCA, DÉCIUS, MÉTELLUS, TRÉBONIUS, CINNA, ANTOINE, LÉPIDUS, POPILIUS, PUBLIUS, et d’autres.

César. — Les Ides de Mars sont arrivées.

Le devin. — Oui, César, mais elles ne sont pas passées.

Artémidore. — Salut, César ! lis cette requête.

Décius. — Trébonius désire que vous parcouriez, à votre meilleur temps de loisir, cette humble requête de sa part.

Artémidore. — Ô César, lis la mienne la première, car la mienne est une requête qui touche César de plus près : lis-la, grand César.

César. — Puisque cela nous touche, nous serons servi le dernier.

Artémidore. — Ne retarde pas, César ; lis-la immédiatement.

César. — Eh bien ! Est-ce que le camarade est fou ?

Publius. — Maraud, fais place.

Cassius. — Comment ! vous présentez avec cette insistance vos pétitions dans la rue ? venez au Capitole.

CÉSAR entre au Capitole ; les autres le suivent. Tous les sénateurs se lèvent.

Popilius. — Je souhaite que votre entreprise d’aujourd’hui réussisse.

Cassius. — Quelle entreprise, Popilius ?

Popilius. — Portez-vous bien. (Il s’avance vers César.)

Brutus. — Que disait Popilius Lœna ?

Cassius. — Il souhaitait que notre entreprise d’aujourd’hui pût réussir : je crains que notre complot ne soit découvert.

Brutus. — Regardez comment il va se conduire avec César ; observez-le.

Cassius. — Casca, sois prompt, car nous craignons d’être prévenus. — Brutus, que faut-il faire ? Si la chose est connue, ou César ne s’en retournera jamais, ou ce sera Cassius, car je me tuerai moi-même.

Brutus. — Sois ferme, Cassius. Popilius Lœna ne parlait pas de nos projets ; car vois, il sourit, et César ne change pas de visage.

Cassius. — Trébonius sait choisir son moment ; car voyez, Brutus, il entraîne Marc Antoine à l’écart.

(Sortent Antoine et Trébonius. César et les sénateurs prennent leurs sièges.)

Décius. — Où est Métellus Cimber ? Qu’il s’avance, et présente immédiatement sa requête à César.

Brutus. — Il est prêt ; faites foule à ses côtés et secondez-le.

Cinna. — Casca, c’est à vous à lever le premier la main.

Casca. — Sommes-nous tous prêts ?

César. — Quelle chose irrégulière César et son sénat ont-ils aujourd’hui à redresser ?

Métellus. — Très-haut, très-grand et très-puissant César, Métellus Cimber jette aux pieds de ton siège un humble cœur… (Il s’agenouille.)

César. — Je suis obligé de te devancer, Cimber. Ces génuflexions de chien couchant et ces basses révérences pourraient fouetter d’orgueil le tempérament des hommes ordinaires, et les pousser à faire dégénérer en lois d’enfants les règles préétablies et les décrets antérieurement rendus. N’aie pas la sottise de croire que César porte un cœur assez vain pour que son énergie fonde sous l’influence des choses qui attendrissent les imbéciles, c’est-à-dire, les doux mots, les profondes courbettes, les viles caresses d’épagneul. Ton frère est banni par décret ; si tu t’inclines, si tu pries, si tu me cajoles à son sujet, je te repousse du pied hors de mon chemin, comme un chien. Sache que César ne commet pas d’injustice, et que ce n’est pas davantage sans de bonnes raisons qu’il se laisse fléchir.

Métellus. — N’y a-t-il pas de voix plus digne que la mienne, et qui puisse faire retentir plus agréablement à l’oreille du grand César une sollicitation pour le rappel de mon frère banni ?

Brutus. — Je baise ta main, mais non par flatterie, César, et j’exprime le désir que Publius Cimber obtienne de toi la permission immédiate de revenir.

César. — Quoi, Brutus !

Cassius. — Pardonne, César, pardonne : Cassius s’incline aussi bas que ton pied pour solliciter l’affranchissement de Publius Cimber.

César. — Je pourrais certainement être ému, si j’étais comme vous ; les prières pourraient m’émouvoir, si j’étais moi-même de nature à prier pour émouvoir : mais je suis constant comme l’étoile du nord, qui, pour l’immobilité et l’obéissance à sa loi de fixité, n’a pas son égale dans le firmament. Les cieux sont émaillés d’innombrables étincelles, toutes sont de feu, et chacune d’elles est brillante ; mais de toutes, il n’y en a qu’une seule qui garde sa place : il en est ainsi du monde, — il est amplement fourni d’hommes, et ces hommes sont de chair et de sang, susceptibles d’être émus ; cependant dans le nombre j’en connais un, mais un seul, contre lequel nul assaut ne peut prévaloir, et qui garde sa position sans être ébranlé par aucun mouvement : et que cet homme, c’est moi, laissez-moi un peu vous le prouver par ceci, que je fus inébranlable pour que Cimber fût banni, et que je reste inébranlable pour le maintenir banni.

Cinna. — Ô César…

César. — Arrière ! veux-tu donc soulever l’Olympe ?

Décius. — Grand César…

César. — Est-ce que Brutus ne s’est pas inutilement agenouillé ?

Casca. — Mes mains, parlez pour moi ! (Casca frappe César au cou. César lui saisit le bras. Il est alors frappé par divers autres conjurés, et enfin par Marcus Brutus.)

César. — Et tu Brute ? En ce cas, tombe César ! (Il meurt. Les sénateurs et le peuple se dispersent en désordre.)

Cinna. — Liberté ! affranchissement ! la tyrannie est morte ! Courez hors d’ici, proclamez, criez cela à travers les rues !

Cassius. — Que quelques-uns montent aux rostres populaires, et crient : Liberté, délivrance, affranchissement !

Brutus. — Peuple et sénateurs, ne soyez pas effrayés ; ne fuyez pas, restez calmes : la dette de l’ambition est payée.

Casca. — Montez à la tribune, Brutus.

Décius. — Et Cassius aussi.

Brutus. — Où est Publius ?

Cinna. — Ici, tout à fait perdu au milieu de cette bagarre.

Métellus. — Restons étroitement unis tous ensemble, de crainte que quelques amis de César ne puissent….

Brutus. — Ne parlez pas de rester. — Publius, bon courage : on n’entend pas faire le moindre mal à votre personne, non plus qu’à aucun autre Romain : dites-leur cela, Publius.

Cassius. — Et laissez-nous, Publius, de crainte que le peuple, s’il se précipite sur nous, ne fasse quelque outrage à votre vieillesse.

Brutus. — Faites ainsi, et que personne autre que nous ses auteurs, ne porte la responsabilité de cette action.

Rentre TRÉBONIUS.

Cassius. — Où est Antoine ?

Trébonius. — Il s’est enfui à sa maison tout effaré : hommes, femmes et enfants sont saisis d’effroi, poussent des cris, et courent comme si nous étions au jour de la fin du monde.

Brutus. — Destins ! nous allons connaître votre bon plaisir. Que nous devons mourir, nous le savons : ce n’est que de l’époque de la mort et du soin d’en éloigner le terme que les hommes s’inquiètent.

Casca. — Bah ! celui qui se retranche vingt ans de vie, se retranche vingt ans de la crainte de la mort.

Brutus. — Admettons cela, et alors la mort est un bienfait : en sorte que nous sommes les amis de César, nous qui avons abrégé le temps qu’il avait à craindre la mort. — Courbons-nous, Romains, courbons-nous, et baignons nos bras jusques aux coudes dans le sang de César, et teignons-en nos épées : puis sortons, et allons droit à la place du marché, et là, élevant nos armes sanglantes au-dessus de nos têtes, crions tous : Paix, délivrance, et liberté !

Cassius. — Courbons-nous donc, et trempons nos mains dans ce sang. Combien de fois dans les siècles à venir la scène sublime que nous venons de jouer ne sera-t-elle pas représentée chez des nations à naître et dans des idiomes encore inconnus !

Brutus. — Que de fois il saignera par semblant, ce César qui maintenant gît à la base de la statue de Pompée, sans plus de valeur que la poussière !

Cassius. — Aussi souvent que cela sera, aussi souvent notre bande sera nommée la bande des hommes qui donnèrent la liberté à leur pays.

Décius. — Eh bien, sortons-nous ?

Cassius. — Oui, partons tous : Brutus ouvrira la marche, et nous suivrons ses pas, lui donnant pour cortège d’honneur les plus courageux et les plus vertueux cœurs de Rome.

Brutus. — Doucement ! qui vient ici ?

Entre un serviteur.

Brutus. — C’est un ami d’Antoine.

Le serviteur. — C’est ainsi, Brutus, que mon maître m’a ordonné de m’agenouiller ; c’est ainsi que Marc Antoine m’a ordonné de m’incliner à terre, et une fois prosterné ainsi, voici ce qu’il m’a ordonné de te dire : — Brutus est sage, noble, vaillant et honnête ; César était puissant, hardi, royal et affectueux ; dis que j’aime Brutus et que je l’honore ; dis que je craignais César, que je l’honorais et que je l’aimais. Si Brutus accorde à Marc Antoine de l’approcher en toute sécurité, et consent à lui expliquer comment César a mérité de mourir, Marc Antoine n’aimera point César mort autant que Brutus vivant, et il suivra en toute sincérité et loyauté la fortune et les entreprises du noble Brutus à travers tous les hasards de ce nouvel état de choses. — Ainsi parle mon maître Antoine.

Brutus. — Ton maître est un sage et vaillant Romain ; je ne l’ai jamais jugé autrement. Dis-lui que s’il lui plaît de venir ici, il recevra des explications satisfaisantes, et que sur mon honneur, il pourra partir sain et sauf.

Le serviteur. — Je vais le chercher immédiatement. (Il sort.)

Brutus. — Je sais que nous l’aurons pour sincère ami.

Cassius. — Je le souhaite, mais quelque chose me dit encore qu’il est fort à craindre, et ma défiance touche toujours singulièrement juste.

Brutus. — Mais voici venir Antoine.

Rentre ANTOINE.

Brutus. — Sois le bienvenu, Marc Antoine.

Antoine. — Ô puissant César, es-tu donc couché si bas ? Tes conquêtes, tes gloires, tes triomphes, tes butins sont-ils tous réduits à ce petit espace ? Adieu. — Je ne sais, Seigneurs, quelles sont vos intentions, quels à votre sens doivent encore subir la saignée, quels sont tenus pour malsains ; si je fais partie de ceux-là, il n’y a pas pour moi d’heure préférable à cette heure de la mort de César, ni d’instrument qui vaille de moitié vos glaives enrichis du plus noble sang du monde entier. Je vous en conjure donc, si vous me portez haine, satisfaites votre passion, tandis que vos mains empourprées sont chaudes et fument. Vivrais-je mille années, je ne me sentirais pas en aussi bonnes dispositions de mourir ; nulle place, nul moyen de mort ne me plairont jamais autant, que d’être massacré par vous, les maîtresses ainés, la fleur des âmes de ce siècle, ici près de César.

Brutus. — Ô Antoine, ne nous demandez pas de vous donner la mort. Sans doute nous vous paraissons à cet instant sanguinaires et cruels ; nos mains et notre action présente nous montrent tels à vos yeux ; cependant vous ne voyez que nos mains et cette besogne sanglante que nous venons d’exécuter : mais nos cœurs, que vous ne voyez pas, sont compatissants ; c’est la pitié pour la souffrance générale de Rome — car ainsi que le feu pousse le feu, ainsi la pitié pousse la pitié — qui a commis cette action sur César. Pour vous, Marc Antoine, nos épées ont des pointes de plomb ; nos bras n’ont contre vous aucune force hostile, et nos cœurs pleins de sentiments fraternels vous reçoivent avec tendre amour, estime et respect.

Cassius. — Votre voix aura autant d’autorité que celle de tout autre pour disposer des nouvelles dignités.

Brutus. — Veuillez patienter seulement jusqu’à ce que nous ayons apaisé la multitude, que la crainte met hors d’elle-même, et alors nous vous expliquerons pourquoi moi, qui aimais César, au moment où je le frappai, j’ai agi comme je l’ai fait.

Antoine. — Je ne doute pas de votre sagesse. Que chacun de vous me tende sa main sanglante. Je veux d’abord serrer la vôtre, Marcus Brutus ; — puis je veux prendre la vôtre, Caïus Cassius ; — puis la vôtre, Décius Brutus ; — la vôtre maintenant, Métellus ; — la vôtre, Cinna ; — et vous, mon vaillant Casca, la vôtre ; — et la vôtre, mon bon Trébonius, qui, bien que le dernier, n’êtes pas le moins aimé de moi. Hélas, Seigneurs ! que vous dirai-je ? Mon crédit est placé maintenant sur un terrain si glissant, que vous devez avoir de moi une de ces deux mauvaises opinions, ou bien je suis à vos yeux un lâche, ou bien je suis un flatteur. Que je t’aimais, César, oh ! cela est vrai : si donc ton esprit nous contemple maintenant, ô très-noble ! est-ce que cela ne t’afflige pas plus encore que ta mort, de voir ton Antoine faisant sa paix avec tes ennemis, et serrant leurs mains sanglantes, en présence de ton cadavre même ? Si j’avais autant d’yeux que tu as de blessures, et s’ils versaient tous des larmes en aussi grande abondance qu’elles versent ton sang, cela me conviendrait mieux que de m’entretenir en termes d’amitié avec tes ennemis. Pardonne-moi, Jules ! c’est ici que tu as été forcé, brave cerf, c’est ici que tu es tombé ; c’est ici que se tiennent tes chasseurs, portant les insignes de ta défaite, et rouges de ton sang refroidi. Ô monde, tu étais la forêt de ce cerf, et lui, ô monde ! il était ton cœur, en vérité. Comme tu ressembles à un cerf frappé par les mains de princes nombreux, couché comme te voilà !

Cassius. — Marc Antoine…

Antoine. — Pardonne-moi, Caïus Cassius : les ennemis mêmes de César prononceront mes paroles ; chez un ami, elles ne sont donc que froide modération.

Cassius. — Je ne vous blâme pas de louer ainsi César ; mais quel pacte entendez-vous faire avec nous ? Voulez-vous être compté au nombre de nos amis ; ou bien poursuivrons-nous notre tâche, en nous passant de vous ?

Antoine. — C’est pour une alliance que j’ai pris vos mains, mais vraiment, je me suis écarté de mon but, en contemplant César. Je vous suis ami à tous, et je vous aime tous, en espérant que vous m’expliquerez comment et en quoi César était dangereux.

Brutus. — Certes, car autrement ce serait là un sauvage spectacle ; nos raisons sont tellement légitimes, que, fussiez-vous le fils de César, vous en seriez satisfait, Antoine.

Antoine. — C’est tout ce que je cherche : et je viens en outre solliciter la permission d’exposer son corps sur la place du marché et de monter à la tribune afin de parler pour l’organisation de ses funérailles, comme il convient à un ami.

Brutus. — Vous le pourrez, Marc Antoine.

Cassius. — Brutus, un mot. (À part, à Brutus.) Vous ne savez pas ce que vous faites : ne consentez pas à ce qu’Antoine parle en faveur des funérailles de César : savez-vous jusqu’à quel point le peuple pourra être ému par le discours qu’il tiendra ?

Brutus, à part, à Cassius. — Veuillez me pardonner ; je monterai moi-même à la tribune, et j’expliquerai les raisons de notre meurtre de César ; je déclarerai que le discours qu’Antoine doit prononcer, il le prononce de notre plein gré et avec notre permission ; et je dirai que nous consentons avec joie à ce que César reçoive tous les rites consacrés et toutes les cérémonies légitimes. Cela nous servira plus que cela ne nous nuira.

Cassius, à part, à Brutus. — Je ne sais pas ce qui peut arriver ; je n’aime pas cela.

Brutus. — Marc Antoine, prenez ici le corps de César. Dans votre discours pour les funérailles, vous aurez soin de ne pas nous blâmer, et vous pourrez dire tout le bien possible de César : vous direz que c’est par notre permission que vous parlez, sans cela vous n’obtiendrez aucune part aux décisions touchant ses funérailles ; et vous parlerez du haut de la même tribune où je vais monter, après que j’aurai fini mon discours.

Antoine. — Soit ; je n’en désire pas davantage.

Brutus. — En ce cas, préparez le corps, et suivez-nous. (Tous sortent, hormis Antoine.)

Antoine. — Oh ! pardonne-moi, sanglant monceau d’argile, si je suis doux et pliant avec ces bouchers ! Tu es les ruines de l’homme le plus noble qui ait jamais vécu dans le cours des siècles. Malheur à la main qui a répandu ce sang précieux ! Je prophétise à cette heure sur tes blessures, qui, pareilles à des bouches muettes, ouvrent leurs lèvres de rubis, pour demander le secours de ma voix, qu’une malédiction tombera sur les générations des hommes ; la rage intestine et la féroce guerre civile porteront le désordre dans toutes les parties de l’Italie ; le sang et la destruction seront choses si habituelles, les spectacles terribles seront si familiers, que les mères ne feront que sourire, lorsqu’elles contempleront leurs enfants écartelés par les mains de la guerre, tant toute pitié sera étouffée par la pratique passée en coutume des actes cruels : et l’esprit de César, errant par soif de vengeance, viendra dans ces régions avec Até, sortie brûlante de l’enfer, criera carnage ! d’une voix de monarque, et lâchera les chiens de la guerre ; en sorte que l’odeur de cet acte odieux se fera sentir par-delà la terre avec la puanteur des morts en putréfaction, gémissant après la sépulture !

Entre un serviteur.

Antoine. — Vous servez Octave César, n’est-ce pas ?

Le serviteur. — Oui, Marc Antoine.

Antoine. — César lui avait écrit de venir à Rome.

Le serviteur. — Il a reçu ses lettres, et il vient ; et il m’a recommandé de vous dire verbalement… (Apercevant le corps.) Oh ! César !

Antoine. — Ton cœur est gros ; mets-toi à l’écart et pleure. La passion est contagieuse, je le vois ; car mes yeux, en voyant ces perles de la douleur apparaître dans les tiens, commencent à se mouiller. Est-ce que ton maître vient ?

Le serviteur. — Il couche cette nuit à sept lieues de Rome.

Antoine. — Retourne-t’en en toute diligence, et dis-lui ce qui s’est passé : la Rome d’aujourd’hui est une Rome en deuil, une Rome dangereuse, ce n’est pas encore une Rome sûre pour Octave ; pars et rapporte-lui mes paroles. Cependant, attends encore un peu ; ne t’en retourne pas avant que j’aie porté ce cadavre sur la place du marché : là je tâcherai de voir, au moyen de mon discours, de quelle manière le peuple prend l’action cruelle de ces hommes sanguinaires ; selon qu’ils la prendront, tu rapporteras au jeune Octave l’état présent des choses. Prête-moi le secours de tes mains. (Ils sortent avec le corps de César.)

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