L’EMPEREUR, LE DUC, METTERNICH.
L’EMPEREUR, peu rassuré, au duc.
Ne crains rien.
(Il se lève, et posant sa main sur la tête du prince qui est resté à genoux, il dit à Metternich d’une voix qu’il essaye de rendre ferme.)
Je veux...
LE DUC, à part.
Tout est perdu!
L’EMPEREUR, avec beaucoup de force et de majesté.
Je veux que cet enfant règne.
METTERNICH, s’inclinant profondément.
C’est entendu.
(Se tournant vers le duc.)
Avec vos partisans, Prince, je vais me mettre En rapport...
LE DUC, étonné.
Je craignais...
L’EMPEREUR, un peu étonné aussi, mais se redressant fièrement.
Quoi donc?... C’est moi le maître!
LE DUC, gaiement, prenant le bras de son grand-père.
Qui vas-tu m’envoyer, dis, comme ambassadeur?
METTERNICH, descendant.
... Entendu!...
L’EMPEREUR, au duc, lui donnant une tape sur la joue.
Tu viendras me voir en empereur?
LE DUC, avec importance.
Oui, peut-être,--quand mes Chambres seront sorties!
METTERNICH, immobile, près de la table, à droite.
Nous ne demanderons que quelques garanties.
LE DUC, rayonnant.
Tout ce que vous voudrez!
L’EMPEREUR, qui s’est rassis.
Es-tu content?
(Le duc lui baise la main.)
METTERNICH, négligemment.
D’abord, Sur des points de détail nous nous mettrons d’accord. Je crois que vous aurez des groupes à dissoudre... Nous craignons les voisins qui cultivent la foudre.
LE DUC, qui écoute à peine, à l’Empereur.
Cher grand-père!
METTERNICH.
Ah! et puis... dame! on nous ennuyait Un peu beaucoup, avec les héros de Juillet!
LE DUC, dressant l’oreille.
Mais...
METTERNICH, continuant froidement.
Le libéralisme et le bonapartisme Se tenant... il faudra couper le petit isthme; Craindre l’esprit nouveau, dangereux et brillant... Expulser Lamennais...
LE DUC, s’éloignant d’un pas de son grand-père.
Mais...
METTERNICH, impassible.
Et Chateaubriand. Ah! et puis... se résoudre à museler la presse...
LE DUC.
Oh! ça ne presse pas...