‹ L'Aiglon: Drame en six actes, en versChapitre 40 sur 60 · L’ARCHIDUCHESSE. - L’ARCHIDUCHESSE.

L’ARCHIDUCHESSE. - L’ARCHIDUCHESSE.

Moi j’aime être la tante, aussi, d’un grand neveu.

LE DUC.

Trop jolie.

L’ARCHIDUCHESSE, se reculant un peu sur le banc.

Et trop grand!

LE DUC.

Oui, pour jouer ce jeu.

Quel jeu?

LE DUC.

D’intimités tendres qui sont les nôtres.

L’ARCHIDUCHESSE, le regardant avec inquiétude.

Je n’aime pas vos yeux, ce soir.

LE DUC.

Moi si, les vôtres.

L’ARCHIDUCHESSE, voulant plaisanter.

Ah! je comprends! ce soir, tout se masque à la cour, Et l’amitié doit prendre un domino d’amour!

LE DUC, se rapprochant de plus en plus.

Oh! d’abord, l’amitié, tante aux yeux de cousine, L’amitié, de l’amour est toujours trop voisine Entre les tantes et les neveux, les filleuls Et les marraines--oh! sentez-vous les tilleuls?-- Entre les colonels et les chocolatières, Pour qu’il n’y ait jamais d’incidents de frontières.

L’ARCHIDUCHESSE, se levant, un peu sèchement.

Je n’aime plus votre amitié.

LE DUC, la retenant par le poignet, d’une voix sourde.

Moi, j’aime bien Ces sentiments auxquels on ne comprend plus rien, Dans lesquels tout se mêle et s’embrouille...

L’ARCHIDUCHESSE, lui arrachant sa main.

Non, laisse!

(Elle s’éloigne.)

LE DUC, boudeur.

Oh! bien! si vous prenez vos airs d’archiduchesse!

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