‹ L'hôte inconnuChapitre 25 sur 109 · XI

XI

Quant aux théories qui tentent de l’expliquer, j’accorde volontiers qu’elles sont encore assez confuses. Ce qui importe pour l’instant, c’est l’accumulation de faits et d’expériences qui s’en iront tâtonner de plus en plus loin par toutes les routes de l’inconnu. En attendant, ce que nous avons appris ouvre déjà, au fond de nos vieilles certitudes, plus d’une porte imprévue, d’où se projette, sur la vie et les habitudes de notre être secret, une lumière suffisante à nous intriguer durant de longs jours. Nous voici ramenés une fois de plus devant l’omniscience et peut-être l’omnipotence de notre hôte caché, au pied du mystérieux réservoir de toutes connaissances que nous retrouverons lorsqu’il s’agira de l’avenir, des chevaux qui parlent, de la baguette divinatoire, des matérialisations, des miracles, en un mot, dans toutes les circonstances où nous dépassons l’horizon de notre petite vie quotidienne. A mesure qu’on avance ainsi, à pas lents et circonspects, dans ces terres encore désertes et bien nébuleuses de la métapsychique, on est forcé de reconnaître que doit exister quelque part, en ce monde ou dans les autres, un lieu où tout se sait, où tout se peut, où tout va, d’où vient tout, qui appartient à tous, où tous ont libre accès, mais dont nous avons à rapprendre, comme des enfants perdus, les chemins trop longtemps oubliés. Nous croiserons souvent ces chemins difficiles, au cours de notre étude; et nous aurons à reparler plus d’une fois du lieu profond où viennent se déverser, à moins qu’ils n’y prennent leur source, tous les faits surnaturels de notre existence. Pour le moment, ce qui, dans ces phénomènes psychométriques, doit avant tout fixer notre attention, c’est leur caractère purement, exclusivement humain. Ils se passent de vivants à vivants, sur notre terre ferme, dans le monde que nous avons sous les yeux; et les esprits, les morts, les dieux et les intelligences interplanétaires y semblent totalement étrangers. Ce n’est guère que dans les manifestations tout aussi déroutantes de la baguette divinatoire et dans certaines matérialisations que nous retrouverons, avec la même netteté, ce même caractère pour ainsi dire spécifique. Il y a là un précieux enseignement. Il nous montre qu’il se produit dans notre vie de tous les jours des phénomènes aussi déconcertants et exactement du même ordre et de la même nature que ceux qu’en d’autres occurrences, nous attribuons à d’autres forces que les nôtres. Il nous montre encore qu’il nous faut d’abord diriger et épuiser notre enquête ici-bas, entre nous, avant de passer de l’autre côté; car notre premier souci doit être de simplifier les interprétations et les explications et de ne point chercher ailleurs, dans des suppositions, ce qui, probablement, se dissimule en nous. Après, si l’inconnu nous accable sans miséricorde, si les ténèbres nous débordent sans espoir, il sera toujours temps d’aller, on ne sait où, interroger les divinités ou les morts.

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