‹ L'hôte inconnuChapitre 47 sur 109 · XXII

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Ces exemples qui n’épuisent pas la série, suffiront, je pense, à caractériser cette variété de prémonitions. Le problème est plus simple que lorsqu’il s’agit d’avertissements inutiles, à moins qu’on n’y mêle les désincarnés, les intelligences inconnues ou la connaissance réelle de l’avenir; car alors les mêmes difficultés resurgissent et l’avis, qui cette fois paraît efficace, est au fond tout aussi vain. En effet, l’entité mystérieuse qui sait que le voyageur ira jusqu’au bord de l’eau, que la roue sera sur le point de quitter l’essieu, que la chaudière éclatera, que le promontoire s’effondrera à telle seconde précise, doit savoir en même temps que le voyageur ne fera point le dernier pas mortel, que la voiture ne versera pas, que la chaudière ne blessera personne, que le canot s’éloignera du promontoire. Il est inadmissible que voyant ceci, elle ne voie pas cela, puisque tout se passe sur le même point, dans le même moment. Peut-on dire que, si elle n’avait pas averti, le petit mouvement sauveur n’eût pas été exécuté? Comment imaginer cet avenir qui, simultanément, a des parties immuables et d’autres qui ne le sont point? S’il est prévu que le promontoire s’effondrera et que le voyageur échappera grâce à l’avis surnaturel, il est nécessairement prévu que cet avis sera donné; et dès lors à quoi rime cette vaine comédie? Je n’en vois pas d’explication raisonnable dans l’hypothèse spirite ou spiritualiste qui suppose la connaissance entière de l’avenir, tout au moins sur un point et un moment déterminés. Il en est une au contraire fort acceptable si l’on s’en tient à la subconscience. Celle-ci, en effet, sans voir, dans la plupart des cas, nettement et totalement l’avenir immédiat, peut néanmoins avoir, grâce à des indices qui échappent à notre clairvoyance extérieure, l’intuition d’un péril imminent. Elle peut aussi posséder une vision partielle, intermittente, papillotante pour ainsi dire de l’événement futur, et, dans le doute, donner à tout hasard un avertissement affolé qui, d’ailleurs, ne changera rien à ce qui est déjà.

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