‹ L'hôte inconnuChapitre 62 sur 109 · V

V

Je n’ai pas été à Mannheim, mais j’ai fait le pèlerinage d’Elberfeld et j’ai séjourné dans cette ville le temps qu’il fallait pour emporter une conviction que partagent tous ceux qui entreprirent le voyage.

Il y a donc quelques mois, M. Krall, à qui j’avais promis l’an dernier de visiter ses chevaux merveilleux, voulut bien renouveler son invitation de façon plus pressante, en ajoutant qu’après le 15 septembre, son écurie serait peut-être dispersée et qu’en tout cas, il lui faudrait, sur l’ordre de son médecin, suspendre indéfiniment des exercices qui le fatiguaient beaucoup.

Je partis aussitôt pour Elberfeld qui est, comme on sait, une importante ville industrielle de la Prusse rhénane, plus originale, plus avenante et plus pittoresque qu’on ne s’y attendrait. J’avais dès longtemps lu à peu près tout ce qui s’était publié sur la question, et j’étais absolument persuadé de la réalité des faits, dont il est d’ailleurs bien difficile de douter après les épreuves et les contrôles réitérés, incessants, rigoureux, souvent hostiles et presque hargneux auxquels les expériences furent soumises. Quant à leur interprétation, j’étais convaincu que la télépathie, c’est-à-dire la transmission de pensée de subconscience à subconscience, demeurait, pour étrange qu’elle fût dans cette région nouvelle, la seule hypothèse acceptable, malgré certaines circonstances qui semblaient nettement l’exclure. A défaut de la télépathie proprement dite, j’inclinais à l’hypothèse médiumnique ou subliminale, très habilement esquissée par M. de Vesme, dans une remarquable conférence faite le 22 décembre 1912, à la Société Universelle d’Études psychiques. Il est vrai que la télépathie, surtout lorsqu’on la pousse à l’extrême, fait avant tout appel aux forces subliminales, de façon que les deux hypothèses se confondent sur plus d’un point et qu’il est souvent malaisé de démêler où finit la première, où commence la seconde. Mais cette discussion sera mieux à sa place un peu plus loin.

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