‹ L'hôte inconnuChapitre 82 sur 109 · XXV

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Je le répète, le grand miracle d’Elberfeld est d’avoir su prolonger et reproduire à volonté ces «éclairs psychiques» désintéressés. Les chevaux, par rapport aux autres animaux, s’y trouvent dans l’état où serait l’homme dont le subliminal aurait pris le dessus. Cet homme vivrait plus haut, dans une atmosphère presque immatérielle, dont les phénomènes de la métapsychique, étincelles tombées d’une région que nous atteindrons peut-être quelque jour, nous donnent parfois une notion précaire et fugitive. L’intelligence qui est notre léthargie et qui nous tient captifs au fond d’un petit creux de l’espace et du temps, y serait remplacée par l’intuition ou plutôt par une sorte de science immanente qui, sans effort, nous ferait prendre part à tout ce que sait un univers qui, peut-être, sait tout. Malheureusement, nous n’avons pas, ou du moins nous ne connaissons pas, comme les chevaux, un être supérieur qui s’intéresse à nous et nous aide à secouer notre engourdissement. Il nous faut devenir notre propre dieu, nous tirer au-dessus de nous-mêmes et nous y maintenir par nos seules forces. Il est à peu près certain que le cheval, sans le secours de l’homme, ne serait jamais sorti de sa sphère nébuleuse; mais il n’est pas interdit d’espérer que l’homme, sans autre assistance que sa haute et bonne volonté, ne parvienne à rompre le sommeil qui le borne et l’aveugle.

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