‹ L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointainChapitre 11 sur 52 · I - II - III

I - II - III

Oiseau de nuit vient d’engloutir Luciole au feu de saphir. C’est de même qu’agit la vie Quand un rêve lui fait envie.

Tout le printemps tient dans la rose, Tout l’hiver dans un ciel morose. Un petit poème très court Peut contenir peine et amour.

Du clair soleil, rubis vainqueur, Il ne reste rien qu’améthystes. S’il n’était pas blessé, le cœur Chanterait-il ces chansons tristes?

CHANSON D’UN JOUR DE PLUIE

Le ciel est gris perle, c’est l’heure, L’heure de la chauve-souris; Sur l’étang le filao pleure, Au bois sanglote la perdrix.

Le grand brouillard blanc de la pluie A voilé la montagne verte, De plus en plus mon cœur s’ennuie De vivre en une île déserte.

Ce fut toute cette journée, Sur mon toit les pleurs de l’averse, Je me sens une âme fanée Que l’amour des poèmes berce.

Ma maison sera malheureuse Jusqu’à l’heure du crépuscule. Que l’on allume la veilleuse Et qu’on arrête la pendule!

CHANSON TRISTE

La «Solitude» et la «Tristesse», Voilà le nom des deux hiboux Qui viennent ululer sans cesse Dans l’arbre noir des ravins fous;

Dans l’arbre noir tordant ses branches Au vent sinistre de la mer; Et sur qui les colombes blanches Ne posent jamais leur vol clair.

LA CHANSON DU CŒUR MALADE

Au lieu de durcir, mon cœur d’homme, Vous vous attendrissez, Non, vous n’avez rien du surhomme Sans cesse, vous baissez!

Il suffit d’un vapeur en rade, D’un souvenir, d’un rien. Il faut, comme un enfant malade Que l’on vous mène au loin.

SIXIÈME CHANT

LE PETIT VOYAGE AUX ILES BLEUES

Page 1