L’ARBRE INCONNU - L’ARBRE ROUGE - L’EUCALYPTUS
Au bord de la savane où broutent les cabris, L’arbre en fleurs dont les fruits sont aimés des perruches Semble un grand arc-en-ciel ivre d’un bruit de ruches, Tant il est éventé de vols de colibris.
Quand l’aube blanche et rose inonde la prairie, Il est comme un récif de corail aux cieux clairs; Sur lui des papillons voltige la féerie, Les oiseaux-mouches bleus le traversent d’éclairs.
Le bel eucalyptus balancé par le vent Semble d’un vaisseau fou la grande voile verte; Qu’il est doux à ses pieds de s’endormir, rêvant Qu’on est parti tous deux vers une île déserte.
LES POISSONS
Vous qui jouez aux eaux des anses découvertes, Du doux chant des oiseaux vous ignorez le miel; Mais vous savez l’îlot cher aux Sirènes vertes, Poissons mystérieux, frères de l’arc-en-ciel.
LA TOURTERELLE
La vérandah laissait rentrer l’heure laiteuse Et la lune dorait l’île de sa clarté; Toute la claire nuit, nous avons écouté Ton frais roucoulement, tourterelle amoureuse.
LES LUCIOLES
J’aime les clairs de lune où miroitent les anses, Mais préfère les nuits où voltigent vos feux, Lucioles, berçant à l’heure du silence, Vos douces lampes d’or dans les grands arbres bleus.
LE RÊVE
Qu’elle est douce la voix de la mer des Antilles Quand elle chante au pied des verts tamariniers, Que les femmes des bourgs passent sous leurs paniers Pleins de citrons ambrés ou de vertes vanilles! Qu’il est tendre ce chant autour de l’île en fleur, Tandis que chaque flot écume sur le sable. Ah! vous mener un jour vers l’immense douceur, Ma charmante, des flots de la mer adorable!
STANCE
Amour, voici le mois des plus belles étoiles. Les grands arbres seront couronnés de lueurs. La mer balancera de radieuses voiles Et mon cœur loin de vous sera plein de langueurs.
D’UNE VÉRANDAH FLEURIE
(Conversation avec Arthur-Harry Law)