IV - V
PAIX DU SOIR
Dans le beau flamboyant chantent les anolis; Le soir pourpre et doré rayonne sur les îles; Les rivières d’argent aux écumes mobiles Rêvent en caressant les cailloux de leurs lits. C’est la belle heure rose aux lumières païennes Où le cœur se recueille au départ du beau jour, Où les eucalyptus, harpes éoliennes, Chantent dans l’air léger leurs cantiques d’amour.
INNOCENCE
Une petite fille aux yeux larges et bruns, Une frêle fillette aux innocents parfums, M’apporte une corbeille où sont les fruits de l’île: La mangue, l’acajou, la figue et la vanille. Chère enfant dont le père est parti loin de nous, J’aime la pureté de ton regard si doux, Si tu veux bien, enfant qui n’as pas de famille, Par la loi de mon cœur tu deviendras ma fille!