II. UN JUIF L'ENTRETIENT SOMPTUEUSEMENT
Débauchée d'abord et chassée ensuite, c'est le sort de toutes les putains de Francisque. La pauvre Polly (Polly est un nom de baptême comme Margot) est obligée de battre du plâtre jusqu'à ce qu'elle rencontre un juif opulent.
Le circoncis lui donne tout. Examinez-la dans toute sa splendeur.
Elle a un singe et un Maure qui la suit.
Qu'un homme est sot de s'imaginer jouir seul d'une femme! Car malgré tout ce qu'il pourra lui donner, elle ne perdra pas une occasion favorable pour baiser avec d'autres.
Polly donc avait son amant dans le lit quand l'Hébreu arriva sans être attendu. Pour le faire évader, elle querelle le juif, donne un coup de pied à la table, pendant que sa femme de chambre fait sortir le galant.
III. ELLE EST RÉDUITE À LA MISÈRE DANS SON LOGEMENT DE DRURY-LANE
Margot, renvoyée pour la deuxième fois, se loge dans l'allée de Drury-Lane (célèbre à Londres par le grand nombre de filles de moyenne sorte), tient boutique pour son compte et commerce avec toute la ville. Pendant qu'on verse le thé, mademoiselle est occupée à regarder une montre qu'elle avait prise par subtilité à son galant pendant la nuit. On met sur une petite table, devant elle, du beurre enveloppé d'un mandement de Monseigneur, une soucoupe, un couteau et du pain.
Sa cape est derrière elle, sur le dos d'une chaise; la chandelle est fichée dans le trou d'une bouteille qui est auprès de la chaise percée.
Ne voyez-vous pas le chevalier Jean qui entre avec les archers pour mener mademoiselle et sa suivante à l'hôpital, pour y battre du chanvre?
Au haut est écrit: «Boette à perruque de Jacques Datton».
IV. DANS LA MAISON DE CORRECTION À BATTRE LE CHANVRE
Si vous voulez voir la pauvre Margot, il faut aller à l'hôpital où elle bat du ciment, sans que personne s'intéresse pour elle. L'inspecteur, avec un regard de travers, lui lâche de temps en temps quelques coups de bâton quand elle veut reposer.
Une vilaine garce, qui la voit en brocart, et avec une dentelle de Flandres, lui tire la langue et lui fait la moue en clignotant des yeux. Une autre salope, qui n'a que la moitié du nez, trousse sa méchante jupe, se moque de son habit de travail et du regard sévère de celui qui la fait travailler. Cator tue des poux.
Le chevalier Jean est dessiné sur un volet.
Au-dessus de celui qui fait travailler est écrit: «Il vaut mieux travailler que se tenir ainsi.»
V. ELLE MEURT EN PASSANT PAR LE «GRAND REMÈDE»
Sortie de l'hôpital, Margot recommence de nouveau ses intrigues et ses galanteries. Mais en connaissez-vous une seule d'entre ces créatures qui ait échappé à la vérole?
Notre Margot avait mal sur mal; les élixirs, les pilules et l'émétique l'avaient si fatiguée qu'elle était lasse de vivre.
Bref, elle crève dans la salivation; sa suivante, la voyant expirer, se met à crier de toutes ses forces.
Les médecins se blâment l'un et l'autre. Meagre (nom d'un des médecins) s'emporte de rage et de fureur, renverse la table et traite son camarade de fou.--Ce sont vos pilules de Squab (nom de l'autre médecin) qui l'ont tuée, et non mon élixir.
Pendant qu'ils se chamaillent, une vilaine garce fouille le coffre de Margot.