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Chapitre 17 Le trésor

La nuit suivante, c’était au chevalier Torald de veiller ; mais celui-ci se prépara à cette entreprise nocturne avec autant d’humilité et de recueillement que Hans avait mis de fanfaronnade et de légèreté.

Comme le chevalier Hans, il fut conduit, enfermé et scellé dans la chambre ; mais il n’avait voulu prendre aucune arme, disant que contre les esprits toute résistance humaine était inutile, les esprits venant de Dieu.

Donc aussitôt qu’il fut seul, il fit dévotement sa prière, et attendit assis dans le fauteuil que l’esprit voulût bien lui apparaître.

Il attendait depuis quelques heures ainsi les yeux fixés vers la porte et sans qu’il vît rien d’extraordinaire, lorsque tout à coup, derrière lui, il entendit un léger bruit et sentit qu’on lui touchait légèrement l’épaule.

Il se retourna : c’était l’ombre de la comtesse Berthe.

Mais loin que le jeune homme parût effrayé, il lui sourit comme à une ancienne amie.

« Torald, lui dit-elle, tu es devenu ce que j’espérais, c’est-à-dire un bon, un brave, un pieux jeune homme ; sois donc récompensé comme tu le mérites. »

Et à ces mots, lui faisant signe de la suivre, elle s’avança du côté de la muraille, et l’ayant touchée du doigt, la muraille s’ouvrit et découvrit un grand trésor que le comte Osmond avait autrefois caché là, lorsqu’il avait été forcé par la guerre de quitter le château.

« Ce trésor est à toi, mon fils, dit la comtesse ; et pour qu’on ne te le conteste pas, personne que toi ne pourra ouvrir la muraille, et le mot avec lequel tu l’ouvriras est le nom de ta bien-aimée Hilda. »

Et, à ces mots, la muraille se referma si hermétiquement, qu’il était impossible d’en voir la soudure.

Après quoi, l’ombre ayant adressé au chevalier un dernier sourire et un gracieux signe de tête, elle disparut comme une vapeur qui se serait évanouie.

Le lendemain Wilbold et ses compagnons entrèrent dans la chambre, et trouvèrent le chevalier Torald paisiblement endormi dans le grand fauteuil.

Le baron réveilla le jeune homme, qui ouvrit les yeux en souriant.

« Ami Torald, dit Wilbold, j’ai fait un rêve cette nuit.

— Lequel ? demanda Torald.

— J’ai rêvé que tu ne t’appelais point Torald, mais Hermann ; que tu étais le petit-fils du comte Osmond, qu’on t’avait cru mort, quoique tu ne le fusses pas, et que ta grand-mère Berthe t’était apparue cette nuit pour te découvrir un trésor. »

Torald comprit que ce rêve était une révélation du ciel pour que le baron Wilbold de Einsenfeld ne conservât aucun doute.

Il se leva donc sans rien répondre, et, faisant à son tour signe au baron de le suivre, il s’arrêta devant la muraille.

« Votre rêve ne vous a point trompé, messire Wilbold : je suis bien cet Hermann que l’on a cru mort. Ma grand-mère Berthe m’est bien apparue cette nuit, et m’a effectivement découvert le trésor ; et la preuve : la voilà. »

Et à ces mots, Hermann, car c’était effectivement le pauvre enfant que la comtesse Berthe avait repris dans son tombeau, et confié au roi des nains, Hermann prononça le nom de Hilda, et, comme l’avait promis le fantôme, la muraille s’ouvrit.

Wilbold resta ébloui à la vue de ce trésor qui se composait, non seulement d’or monnayé, mais encore de rubis, d’émeraudes et de diamants.

« Allons, dit-il, cousin Hermann, je vois bien que tu as dit la vérité. Le château de Wittsgaw et ma fille Hilda sont à toi ; mais à une condition.

— Laquelle ? demanda Hermann avec anxiété.

— C’est que tu te chargeras, tous les 1er de mai, de donner aux paysans de Rosemberg et des environs la bouillie de la comtesse Berthe. »

Hermann accepta, comme on le comprend bien, la condition avec reconnaissance.

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