‹ La bouillie de la comtesse Berthe et autres contesChapitre 2 sur 40 · Chapitre 1 Ce que c’était que la comtesse Berthe

Chapitre 1 Ce que c’était que la comtesse Berthe

Il y avait un jour un vaillant chevalier nommé Osmond de Rosemberg, lequel choisit pour femme une belle jeune fille nommée Berthe. Berthe n’aurait pas pu se mesurer, je le sais bien, avec les grandes dames de nos jours, quoiqu’elle fût certainement aussi noble que la plus noble ; mais elle ne parlait que le bon vieux allemand, ne chantait pas l’italien, ne lisait pas l’anglais, et ne dansait ni le galop, ni la valse à deux temps, ni la polka ; mais en revanche, elle était bonne, douce, compatissante, veillait avec soin à ce qu’aucun souffle ne ternit le miroir de sa réputation. Et quand elle parcourait ses villages, non pas dans une élégante calèche, avec un chien du roi Charles sur la banquette de devant, mais à pied, avec son sac d’aumône à la main, un Dieu vous le rende, dit par la voix reconnaissante du vieillard, de la veuve ou de l’orphelin, lui paraissait plus doux à l’oreille que la plus mélodieuse ballade du plus célèbre Minnesinger, ballade que parfois cependant payaient d’une pièce d’or ceux-là même qui refusaient une petite monnaie de cuivre au pauvre qui se tenait debout à demi nu et grelottant sur la route, son chapeau troué à la main.

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