‹ La bouillie de la comtesse Berthe et autres contesChapitre 3 sur 40 · Chapitre 2 Les Cobolds

Chapitre 2 Les Cobolds

Aussi les bénédictions de toute la contrée retombaient comme une douce rosée de bonheur sur Berthe et sur son mari. Des moissons dorées couvraient leurs champs, des grappes de raisins monstrueux faisaient craquer leurs treilles, et si quelque nuage noir chargé de grêle et d’éclair s’avançait sur leur château, un souffle invisible le poussait aussitôt vers la demeure de quelque méchant châtelain au-dessus de laquelle elle allait éclater et faire ravage.

Qui poussait ainsi le nuage noir, et qui préservait de la foudre et de la grêle les domaines du comte Osmond et de la comtesse Berthe ? Je vais vous le dire.

C’étaient les nains du château.

Il faut vous dire, mes chers enfants, qu’il y avait autrefois en Allemagne une race de bons petits génies qui malheureusement a disparu depuis, dont le plus grand atteignait à peine six pouces de haut, et qui s’appelaient cobolds. Ces bons petits génies, aussi vieux que le monde, se plaisaient surtout dans les châteaux, dont les propriétaires étaient, selon le cœur de Dieu, bons eux-mêmes. Ils détestaient les méchants, les punissaient par de petites méchancetés à leur taille, tandis qu’au contraire ils protégeaient de tout leur pouvoir, qui s’étendait sur tous les éléments, ceux que leur excellent naturel rapprochait d’eux ; voilà pourquoi ces petits nains, qui, de temps immémorial, habitaient le château de Wistgaw, après avoir connu leurs pères, leurs aïeux et leurs ancêtres, affectionnaient tout particulièrement le comte Osmond, ainsi que la comtesse Berthe, et poussaient avec leur souffle bien loin de leurs domaines bénis le nuage chargé de grêle et d’éclairs.

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