‹ La Bourgeoise ou Les Cinq aubergesChapitre 24 sur 58 · SCÈNE XIV. L’ÉPOUSE, ROSALIE, MINON, BONAVENTURE.

SCÈNE XIV. L’ÉPOUSE, ROSALIE, MINON, BONAVENTURE.

ROSALIE, entrant tenant un parchemin. Je le tiens, ce cher brevet, le voilà… Je ne sais pas pourquoi on est venu me le jeter à la tête ; mais c’est égal, le voilà !… Maîtresse de poste à Nonancourt !…

MINON. Ma sœur !…

BONAVENTURE. La bourgeoise…

ROSALIE. C’est bien, je vous connais… oh ! je vous connais… Il me vient du bonheur, vous allez me caresser, pardi…

BONAVENTURE. Ah ! qu’est-ce que vous dites là ?…

ROSALIE. Vous valez mieux que les autres, n’est-ce pas ? (Avec ironie.) Aussi, soyez tranquille, je crois à votre affection. (Elle rit.) Oui, oui… (L’Épouse s’est approchée d’elle et lui touche légèrement l’épaule.) Hein ! Qu’est-ce que vous me voulez ? Qu’est-ce que c’est que cette dame-là ?…

L’ÉPOUSE, à Rosalie, Matame !

ROSALIE. Madame !

L’ÉPOUSE. Il est acréâble de rébandre et de bratiquer des pienfaits autour de soi… gomme le soleil, astre du chur, vous gomprenez ? qui réchauffe les féchétaux et les insecdes, fus savez ? Voilà le brefet qui vous sauvera de l’infortune.

ROSALIE. Le brevet ! C’est le second.

BONAVENTURE. Il en pleut.

L’ÉPOUSE. Pas de remercîment, ma régombense est tans mon gœur. (À part.) Ch’aurais fulu que le cheune homme prun pût m’entendre…

ROSALIE, étonnée. Merci, madame…

L’ÉPOUSE, s’éloignant fièrement. Je me sustrais à votre regonnaissance !

BONAVENTURE, l’arrêtant. Redonnez-moi mon parapluie, vous, Écossaise !

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