ACTE IV. L’auberge de la Poste, à Nonancourt. Une table à manger. Un guéridon auprès duquel est un rouet. · SCÈNE PREMIÈRE. MINON, seule ; elle brode auprès d’un guéridon.
La journée d’hier m’a semblé longue… longue !… c’est parce que ma sœur Rosalie était absente… Oh ! oui, c’était pour cela ! (Elle dépose sa broderie et croise ses mains sur ses genoux.) Était-ce pour cela ?… n’ai-je pas pensé plus souvent à lui qu’à ma sœur Rosalie ?… (Elle prend son livre d’heures sur le guéridon.) Quand j’étais petite, je tirais à la plus belle lettre, dans mon livre d’heures, pour savoir s’il ferait beau les jours de fête… Si je tirais à la plus belle lettre pour savoir ?… pour savoir quoi ?… je deviens folle ! (Elle prend une épingle à son corsage. Elle dispose le livre.) Voyons… d’abord pour non… s’il ne m’aime pas. Eh bien ! je suis hors d’embarras. (Avec solennité.) À droite pour non ! (Elle fiche son épingle dans la tranche du livre et l’ouvre. André paraît à la porte et reste immobile.)