SCÈNE IV. CHAMPAGNE, ROBIN, MOREL.
CHAMPAGNE. Nous avons à nous occuper de cet enfant-là ?
ROBIN. Vraiment !
MOREL. C’est de la besogne bien mignonne.
CHAMPAGNE. Mais d’abord, combien êtes-vous autour de Nonancourt ?
ROBIN. Douze, en nous comptant… il y a aussi des embuscades sur la route de Saint-Germain.
CHAMPAGNE. Écoutez-moi. C’est au sujet de la petite.
ROBIN. Ah ! ah !
CHAMPAGNE. Le patron la veut.
ROBIN. Pour faire les honneurs de la petite maison ?
MOREL. C’est tout simple… Il a de quoi, cet homme !
CHAMPAGNE. Il faut qu’elle soit enlevée ce soir et qu’elle parte avec vous pour Paris.
ROBIN. Convenu !
MOREL. Le patron paye bien.
CHAMPAGNE. Il va venir… vous aurez vos étrennes… Maintenant, à votre besogne !… ne laissez rien passer sur la route, entendez-vous !…
ROBIN, se levant. Ça va sans dire !
CHAMPAGNE. Excepté toutefois la chaise du patron, et la carriole de la bourgeoise… allez !
ROBIN, à part. Arrêter la carriole de cette femme-là !… j’aimerais mieux m’attaquer au diable !
MOREL. À quand, pour la petite ?
CHAMPAGNE. À la brune, par la porte de derrière.
ROBIN. Et on payera ?
CHAMPAGNE. D’avance… allez.
ROBIN et MOREL, sortant. On y sera ?