‹ La Bourgeoise ou Les Cinq aubergesChapitre 36 sur 58 · SCÈNE III. MINON, puis CHAMPAGNE, ROBIN, MOREL.

SCÈNE III. MINON, puis CHAMPAGNE, ROBIN, MOREL.

MINON, un instant seule. Seigneur Dieu ! je n’ai plus de sang dans les veines… et ma sœur Rosalie qui n’est pas là… Les voici !…

CHAMPAGNE, entrant. Bonjour, la jolie fille !

ROBIN. Bonjour, Minette !

MOREL. Un amour que cette enfant-là !

MINON, très-émue. Messieurs.

CHAMPAGNE. Nous plaisons-nous à la poste de Nonancourt ? (Elle veut s’éloigner.)

CHAMPAGNE. Attendez donc, ma belle enfant !… Est-ce que nous vous faisons peur ?

MINON. Oh ! non, messieurs… non, certes.

CHAMPAGNE. La bourgeoise ne va pas tarder à revenir, je pense ?

MINON. Nous l’attendons d’un instant à l’autre.

CHAMPAGNE. Et, dites-moi… le postillon André…

MINON, à part. Ils savent qu’il est ici !…

CHAMPAGNE. Ça vous donne de belles couleurs, la jolie fille, quand on parle d’André…

MINON. Il n’est pas à la maison, monsieur.

CHAMPAGNE, bas à ses hommes. Quand je vous disais ! il est à Saint-Germain avec le prince. (À Minon qui s’esquive.) Un instant, ma chère enfant, que diable !…

MINON, faisant la révérence et sortant. Excusez-moi, messieurs, je vais à mon ouvrage. (À part.) Oh ! ces hommes !… c’est peut-être André qu’ils veulent assassiner !

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