‹ La Bourgeoise ou Les Cinq aubergesChapitre 51 sur 58 · SCÈNE V. LE BAILLI, ANDRÉ, MINON.

SCÈNE V. LE BAILLI, ANDRÉ, MINON.

ANDRÉ, à la cantonade. Nous resterons seulement jusqu’à l’heure de la marée… veillez à ce que la chambre de notre… compagnon soit bien close et qu’il ne soit point dérangé… il a besoin de repos.

L’AUBERGISTE. Ils ne sont que deux !

LE BAILLI. Va, Célestin, s’il en est temps encore, va faire arrêter le troisième.

L’AUBERGISTE. Oui, monsieur le bailli. (Il sort.)

MINON, se laissant tomber sur un siége. Quand je pense à ma sœur, je voudrais être morte !

ANDRÉ. Minon… cela me navre de vous voir triste et découragée… mais je vous aime tant !… vous voir pleurer sans cesse.

MINON. André, vous me protestez de la pureté de vos intentions… je voudrais vous croire… mais vous ne m’avez pas encore expliqué…

ANDRÉ. La présence du prince…

MINON. Mais à présent nous sommes seuls.

ANDRÉ. Quelques mots suffiront à ma justification…

LE BAILLI, se rapprochant. Ce sont évidemment deux êtres de l’espèce la plus dangereuse !…

ANDRÉ, l’apercevant. Que veut cet homme ?

LE BAILLI. J’ai l’honneur d’être, monsieur, le bailli de la cité de Quillebœuf.

ANDRÉ. Monsieur !…

LE BAILLI. L’affaire de votre complice est faite.

ANDRÉ. Que dites-vous ? notre complice ?

LE BAILLI. J’ai la réputation, monsieur, d’être un homme sobre, énergique et intelligent… Je vous arrête au nom du roi.

ANDRÉ. C’est une méprise.

LE BAILLI. Ainsi que cette jeune personne.

ANDRÉ. Je suis gentilhomme, monsieur.

LE BAILLI. Monsieur, je suis bailli, mes hallebardiers sont sous les armes… toute résistance est impossible.

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