SCÈNE X. CHAMPAGNE, LE BAILLI.
LE BAILLI, entrant, à gauche. Venez, monseigneur… vous allez le trouver ici… Tiens ! il n’y a personne !…
CHAMPAGNE, entrant. Personne !… Vous êtes sûr qu’ils sont arrivés !…
LE BAILLI. Comment, sûr ? J’ai eu l’honneur de m’entretenir avec l’illustre seigneur… qui parle peu… et la puissante dame, qui parle au contraire considérablement et très-bien !
CHAMPAGNE, à part. J’aurais voulu faire la besogne avant l’arrivée de maître Van Zuyp ; mais enfin, puisqu’il est venu, prévenez meinherr Van Zuyp et madame la comtesse de mon arrivée.
LE BAILLI. Madame la comtesse ! voilà une femme entendue ! Elle a demandé la clef de la prison, et j’ai donné l’ordre de la lui remettre.
CHAMPAGNE, étonné. La clef de la prison ?
LE BAILLI. Où elle a fait enfermer le prince Stanislas.
CHAMPAGNE. La comtesse !… Voilà qui est étrange !…
LE BAILLI. Ah ! ah !… elle a voulu savoir si la porte était bonne ; et maintenant qu’elle a cette clef, sans doute le diable ne pénétrerait pas auprès du prisonnier !… Quant à l’illustre seigneur…
CHAMPAGNE. Je les attends ici… Allez !
LE BAILLI. Je vous les ramène à l’instant.
(Il sort.)