‹ La CassetteChapitre 7 sur 10 · ACTE III. · SCÈNE I. — MÉLÉNIS, ALCÉSIMARQUE, SILÉNIE.

ACTE III. · SCÈNE I. — MÉLÉNIS, ALCÉSIMARQUE, SILÉNIE.

MÉLÉNIS. Je t’ai tout dit : suis-moi, ma Silénie ; je te remets à ceux à qui tu dois appartenir plutôt qu’à moi. La privation me sera pénible, mais je m’accoutumerai à n’envisager que ton intérêt. J’ai mis ici (elle montre une cassette) les jouets que j’ai reçus avec toi de la femme qui t’apportait ; tes parents te reconnaîtront plus facilement. (À sa suivante.) Prends cette cassette, Halisca, et frappe à la porte. Dis que je supplie qu’on vienne au plus vite. Dépêche-toi.

ALCÉSIMARQUE, sans voir Mélènis et Silénie. Ô mort, reçois-moi, je viens à toi de bon cœur.

SILÉNIE, apercevant Alcésimarque. Ah ! ma mère, c’est fait de nous.

ALCÉSIMARQUE. Me frapperai-je de cette main-ci ou de la main gauche ?

MÉLÉNIS. Qu’as-tu ?

SILÉNIE. Ne vois-tu pas Alcésimarque qui tient une épée ?

ALCÉSIMARQUE. Eh bien ! que tardes-tu ? quitte la lumière.

SILÉNIE. Au secours ! empêchez-le de se tuer !

ALCÉSIMARQUE. Ô toi qui m’es plus chère mille fois que la vie, que je le veuille ou non, toi seule tu me fais vivre.

MÉLÉNIS. Oh ! vouliez-vous vraiment faire un coup pareil ?

ALCÉSIMARQUE. Je n’ai rien à démêler avec toi ; pour toi je suis mort. Mais elle, je la tiens, et assurément je ne la lâcherai pas. Je veux l’attacher à moi par des liens indissolubles. Où êtes-vous, esclaves ? dès que je l’aurai emportée dans la maison, fermez, mettez barres et verrous. (Il emporte Silénie.)

MÉLÉNIS. Il s’en va, il l’enlève. Suivons-le, instruisons-le à son tour, essayons de calmer sa colère. (Elle sort avec Halisca, qui laisse tomber la cassette.)

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