ACTE IV. · SCÈNE I. — LAMPADION, PHANOSTRATE.
LAMPADION. De ma vie, je crois, je n’ai vu une vieille si scélérate ; elle était convenue de tout, et là voilà qui se met à nier ! Mais j’aperçois ma maîtresse… Hé ! Qu’est-ce que cette cassette qui est là par terre avec des jouets ? Je ne vois personne dans la rue.... Faisons le petit mignon, plions l’échine, et prenons-la.
PHANOSTRATE. Eh bien, Lampadion ?
LAMPADION. Est-ce que cette cassette sort de chez nous ? Je viens de la ramasser par terre, là, près de la porte.
PHANOSTRATE. Et cette vieille femme, quoi de nouveau ?
LAMPADION. C’est la plus infâme coquine qu’il y ait sur la terre. Elle nie maintenant ce qu’elle avait avoué. Et je me laisserais berner par cette maudite vieille ? oh non, plutôt mille fois mourir !
PHANOSTRATE, apercevant les jouets. Ah ! dieux puissants !
LAMPADION. Pourquoi invoquer les dieux ?
PHANOSTRATE. Sauvez-vous.
LAMPADION. Qu’est-ce donc ?
PHANOSTRATE. Les jouets que tu as emportés avec ma fille pour l’exposer.
LAMPADION. Perdez-vous la tête ?
PHANOSTRATE. Oui, ce sont bien eux.
LAMPADION. Encore ?
PHANOSTRATE. Ce sont eux.
LAMPADION. Si c’était une autre femme qui me le dit, je jurerais bien qu’elle est ivre.
PHANOSTRATE. Oh ! par Castor, je ne parle pas en l’air. Mais dis-moi, d’où cela vient-il ? est-ce un dieu qui les a jetés devant notre porte ? on dirait que la divine providence est venue là tout exprès pour me rendre la vie.