Chapitre 22 Vingt-deuxième lettre
Deux heures de l’après midi.
Eh bien ! oui, vous avez raison, rien ne doit troubler notre bonheur. Il ne faut dans notre cœur ni crainte ni remords, il faut qu’à notre ciel orageux et sombre succède un ciel pur tout constellé d’étoiles. Oui, celui auquel je m’adresserai m’écoutera ; oui, tout inflexible qu’il est, il aura pitié de moi ; oui, je vous demande trois mois pour me faire libre, et si dans trois mois notre colombe ne vous a point porté la bulle qui me délie, alors c’est que tout notre espoir est au ciel.
Alors vouez-vous à Dieu comme moi, vouez-vous par des nœuds indissolubles. Oh ! je serais trop jalouse de vous savoir libre encore étant enchaînée comme je le suis.
Demain je serai partie.
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