‹ La Comtesse de CharnyChapitre 130 sur 186 · 2 · 44

2 · 44

Gilbert n’avait pas revu la reine depuis le jour où, l’ayant prié de l’attendre un instant dans son cabinet, elle l’y avait laissé pour écouter le plan politique que monsieur de Breteuil rapportait de Vienne et qui était conçu en ces termes :

« Faire de Barnave comme de Mirabeau, gagner du temps, jurer la constitution, l’exécuter littéralement pour montrer qu’elle est inexécutable ; la France se refroidira, s’ennuiera : les Français ont la tête légère, il se fera quelque mode nouvelle et la liberté passera.

« Si la liberté ne passe pas, on aura gagné un an, nous serons prêts à la guerre. »

Six mois s’étaient écoulés depuis cette époque, la liberté n’avait point passé, et il était évident que les souverains étrangers étaient en train d’accomplir leur promesse, et se préparaient à la guerre.

Gilbert fut tout étonné de voir entrer un matin chez lui le valet de chambre du roi.
GILBERT CHEZ MADAME ÉLISABETH.

Sa première idée fût que le roi était malade et l’envoyait chercher.

Mais le valet de chambre le rassura.

On le demandait au château.

Gilbert insista pour savoir qui le demandait ; mais le valet de chambre, qui sans doute avait ses ordres, ne se départit point de cette formule :

— On vous demande au château.

Gilbert était profondément attaché au roi : il plaignait Marie-Antoinette, plus encore comme femme que comme reine ; elle ne lui inspirait ni amour ni dévouement, mais une profonde pitié.

Il se hâta d’obéir.

On l’introduisit dans l’entresol où l’on recevait Barnave.

Une femme attendait dans un fauteuil et se leva en voyant paraître Gilbert.

Gilbert reconnut madame Élisabeth.

Pour celle-là il avait un profond respect ; il savait tout ce qu’il y avait d’angélique bonté dans son cœur.

Il s’inclina profondément devant elle et comprit à l’instant même la situation.

Le roi ni la reine n’avaient osé l’envoyer chercher en leur nom, on mettait madame Élisabeth en avant.

Les premiers mots de madame Élisabeth prouvèrent au docteur qu’il ne se trompait point dans ses conjectures.

— Monsieur Gilbert, dit-elle, je ne sais si d’autres ont oublié les marques d’intérêt que vous avez données à mon frère à notre retour de Versailles, celles que vous avez données à ma sœur à notre arrivée de Varennes, mais moi, je me souviens.

Gilbert s’inclina.

— Madame, dit-il, Dieu a décidé dans sa sagesse que vous auriez toutes les vertus, même la mémoire, vertu rare de nos jours, et surtout dans les personnes royales. — Vous ne dites pas cela pour mon frère, n’est-ce pas, monsieur Gilbert ? mon frère me parle souvent de vous, et fait grand cas de votre expérience. — Comme médecin ? demanda en souriant Gilbert. — Comme médecin, oui, Monsieur ; seulement il croit que votre expérience peut s’appliquer non-seulement à la santé du roi, mais à celle du royaume. — Le roi est bien bon, Madame, dit Gilbert ; pour laquelle des deux santés me fait-il appeler en ce moment ? — Ce n’est pas le roi qui vous fait appeler, Monsieur, dit madame Élisabeth en rougissant un peu, car ce cœur chaste ne savait point mentir, c’est moi. — C’est vous ? Madame, demanda Gilbert ; oh ! ce n’est pas de votre santé que vous êtes inquiète : votre pâleur est celle de la fatigue et de l’inquiétude, mais non celle de la maladie. — Non, Monsieur, vous avez raison, ce n’est point pour moi, mais pour mon frère, il m’inquiète. — Moi aussi, Madame, répondit Gilbert. — Oh ! notre inquiétude ne vient probablement pas de la même source, dit madame Élisabeth, je veux dire comme santé. — Le roi serait-il malade ? — Non, pas précisément, répondit madame Élisabeth, mais le roi est abattu, découragé ; tenez, voilà aujourd’hui dix jours, je compte les jours, vous comprenez ; voilà aujourd’hui dix jours qu’il n’a dit une seule parole, si ce n’est avec moi, et dans sa partie de trictrac habituelle, où il est obligé de prononcer les mots indispensables à ce jeu. — Il y a aujourd’hui onze jours, dit Gilbert, qu’il s’est présenté à la chambre pour lui signifier son veto ; pourquoi n’est-il pas devenu muet le matin de ce jour-là, au lieu de perdre la parole le lendemain ? — Votre avis était-il donc, s’écria vivement madame Élisabeth, que mon frère dût sanctionner ce décret ? — Mon avis est, Madame, que, mettre le roi en avant des prêtres contre le courant qui vient, contre la marée qui monte, contre l’orage qui gronde, c’est vouloir que roi et prêtres soient brisés du même coup. — Mais à la place de mon pauvre frère, que feriez-vous, Monsieur ? — Madame, il y a en ce moment un parti qui grandit comme les géants des Mille et Une Nuits, qui, enfermés dans un vase, ont, une heure après que ce vase est brisé, cent coudées de hauteur. — Vous voulez parler des Jacobins, Monsieur ?

Gilbert secoua la tête.

— Non, je veux parler de la Gironde : les Jacobins ne veulent pas la guerre, la Gironde la veut ; la guerre est nationale. — Mais la guerre, la guerre, à qui, mon Dieu ? à l’empereur, notre frère ? au roi d’Espagne, notre neveu ? Nos ennemis, monsieur Gilbert, sont en France et non pas hors de France ; et la preuve…

Madame Élisabeth hésita.

— Dites, Madame, reprit Gilbert. — Je ne sais, en vérité, si je puis vous dire cela, docteur, quoique ce soit pour cela que je vous ai fait venir. — Vous pouvez tout me dire, Madame, comme à un homme dévoué et prêt à donner sa vie au roi. — Monsieur, dit madame Élisabeth, croyez-vous qu’il existe un contre-poison ?

Gilbert sourit.

— Universel, non, Madame ; mais chaque substance vénéneuse a son antidote, quoique en général, il faut le dire, ces antidotes soient presque toujours impuissants. — Oh ! mon Dieu ! — Il faudrait savoir si le poison d’abord est un poison minéral ou végétal ; en général les poisons minéraux agissent sur l’estomac et les entrailles, et les poisons végétaux sur le système nerveux, que les uns exaspèrent et que les autres stupéfient. De quel genre de poison voulez-vous parler, Madame ? — Écoutez, je vais vous dire un grand secret, Monsieur. — J’écoute, Madame. — Eh bien ! je crains qu’on n’empoisonne le roi. — Qui voulez-vous qui se rende coupable d’un pareil crime ? — Eh bien ! voici ce qui est arrivé : monsieur Laporte, intendant de la liste civile… — Oui, Madame. — Eh bien ! monsieur Laporte nous a fait prévenir qu’un homme des offices du roi, qui s’était établi pâtissier au Palais-Royal, allait rentrer dans les fonctions de sa charge que lui rendait la mort de son survivancier. Eh bien ! cet homme, qui est un Jacobin effréné, a dit tout haut qu’on ferait grand bien à la France en empoisonnant le roi. — En général, Madame, les gens qui veulent commettre un pareil crime ne s’en vantent pas d’avance. — Oh ! Monsieur, ce serait si facile d’empoisonner le roi. Par bonheur que celui dont nous nous défions n’a pas dans le palais d’autre détail de bouche que celui de la pâtisserie. — Alors, vous avez pris des précautions, Madame ? — Oui, il a été décidé que le roi ne mangera plus que du rôti, que le pain sera apporté par monsieur Thierry de Ville-d’Avray, intendant des petits appartements, qui se charge en même temps de fournir le vin. Quant aux pâtisseries, comme le roi les aime, madame Campan a reçu l’ordre d’en commander, comme pour elle, tantôt chez un pâtissier, tantôt chez un autre. On nous a recommandé de nous défier surtout du sucre râpé. — Parce que l’on peut y mêler de l’arsenic sans qu’on s’en aperçoive ? — Justement. — Oui, en effet, c’est une précaution à prendre. — C’était l’habitude de la reine de sucrer son eau avec ce sucre ; nous l’avons complétement supprimé. Le roi, la reine et moi mangeons ensemble, nous avons retranché toute personne de service. Si l’un de nous a quelque chose à demander, il sonne. C’est madame Campan qui, dès que le roi est à table, apporte par une entrée particulière la pâtisserie, le pain et le vin, cache tout cela sous la table, et l’on a l’air de boire le vin de la cave et de manger le pain et la pâtisserie du service. Voilà comme nous vivons, Monsieur, et cependant nous tremblons à chaque instant, la reine et moi, de voir tout à coup pâlir le roi et de lui entendre prononcer ces deux mots terribles : Je souffre. — Laissez-moi vous affirmer d’abord, Madame, dit le docteur, que je ne crois pas à ces menaces d’empoisonnement ; mais ensuite, je ne m’en mets pas moins entièrement au service de Leurs Majestés. Que désire le roi ? Le roi veut-il me donner une chambre au château, j’y resterai de manière à ce qu’à tout instant on m’y trouve jusqu’au moment où ses craintes… — Oh ! mon frère ne craint rien, reprit vivement madame Élisabeth. — Je me trompe, Madame, jusqu’au moment où vos craintes seront passées. J’ai quelque pratique des poisons et des contre-poisons, je me tiendrai prêt à les combattre, de quelque nature qu’ils soient ; mais laissez-moi vous dire, Madame, que, si le roi voulait, il n’aurait bientôt plus rien à craindre. — Oh ! que faut-il donc faire pour cela ? dit une voix qui n’était pas celle de madame Élisabeth, et dont le timbre vibrant et accentué fit retourner Gilbert.

Le docteur ne se trompait pas, cette voix, c’était celle de la reine.

Gilbert s’inclina.

— Madame, dit-il, ai-je besoin de renouveler à la reine les protestations que je faisais tout à l’heure à madame Élisabeth ? — Non, Monsieur, non, j’ai tout entendu ; je voulais seulement savoir dans quelles dispositions vous étiez encore à notre égard. — La reine a douté de la solidité de mes sentiments ? — Ah ! Monsieur, tant de têtes et tant de cœurs tournent au vent de ces tempêtes, qu’on ne sait vraiment plus à qui se fier. — Et c’est pour cela que la reine va recevoir de la main des Feuillants un ministre façonné par madame de Staël.

La reine tressaillit.

— Vous savez cela ? dit-elle. — Je sais que Votre Majesté est engagée avec monsieur de Narbonne. — Et vous me blâmez, sans doute ? — Non, Madame, c’est un essai comme un autre. Quand le roi aura essayé de tout, peut-être finira-t-il par où il eût dû commencer. — Vous avez connu madame de Staël, Monsieur ? demanda la reine. — J’ai eu cet honneur, Madame ; en sortant de la Bastille, je me suis présenté chez elle, et c’est par monsieur Necker que j’ai su que c’était à la recommandation de la reine que j’avais été arrêté.

La reine rougit visiblement, puis avec un sourire :

— Nous avions promis de ne point revenir sur cette erreur. — Je ne reviens pas sur cette erreur, Madame, je réponds à une question que Votre Majesté me fait la grâce de m’adresser. — Que pensez-vous de monsieur Necker ? — C’est un brave Allemand composé d’éléments en désaccord, qui, en passant par le baroque, s’élève jusqu’à l’emphase. — Mais n’étiez-vous point de ceux qui aviez poussé le roi à le reprendre ? — Monsieur Necker était, à tort ou à raison, l’homme le plus populaire du royaume. J’ai dit au roi : Sire, appuyez-vous sur sa popularité. — Et de madame de Staël ? — Sa Majesté me fait l’honneur, je crois, de me demander ce que je pense de madame de Staël ? — Oui. — Mais comme physique, elle a le nez gros, les traits gros, la taille grosse.

La reine sourit ; femme, il ne lui était pas désagréable d’entendre dire d’une autre femme dont on s’occupait beaucoup qu’elle n’était pas belle.

— Continuez, dit-elle. — Sa peau est d’une qualité médiocrement attirante, ses gestes sont plutôt énergiques que gracieux, sa voix est rude parfois à faire douter que ce soit une femme ; avec tout cela, elle a vingt-quatre ou vingt-cinq ans, un cou de déesse, de magnifiques cheveux noirs, des dents superbes, un œil plein de flamme ; son regard est un monde. — Mais au moral, comme talent, comme mérite ? se hâta de demander la reine. — Elle est bonne et généreuse, Madame ; pas un de ses ennemis ne restera son ennemi après l’avoir entendue parler un quart d’heure. — Je parle de son génie, Monsieur ; on ne fait pas de la politique seulement avec le cœur. — Madame, le cœur ne gâte rien, même en politique ; quant au mot génie que Votre Majesté a prononcé, soyons avares de ce mot ; madame de Staël a un grand et immense talent, mais qui ne s’élève pas jusqu’au génie ; quelque chose de lourd, mais de fort, d’épais, mais de puissant, pèse à ses pieds quand elle veut quitter la terre. Il y a d’elle à Jean-Jacques, son maître, la différence qu’il y a du fer à l’acier. — Vous parlez de son talent comme écrivain, Monsieur, parlez-moi un peu de la femme politique. — Sous ce rapport, à mon avis, Madame, répondit Gilbert, on donne à madame de Staël beaucoup plus d’importance qu’elle n’en mérite ; depuis l’émigration de Monsieur et de Lally, son salon est la tribune du parti anglais aristocratique avec ses deux chambres. Comme elle est bourgeoise et très-bourgeoise, elle a la faiblesse d’adorer les grands seigneurs ; elle admire les Anglais, parce qu’elle croit le peuple anglais un peuple éminemment aristocrate ; elle ne sait pas l’histoire de l’Angleterre, elle ignore le mécanisme de son gouvernement, de sorte qu’elle prend pour des gentilshommes du temps des croisades ses nobles d’hier, puisés incessamment en bas ; les autres peuples, avec du vieux, font parfois du neuf ; l’Angleterre, avec du neuf, fait constamment du vieux. — Vous croyez que c’est ce sentiment-là qui lui fait nous proposer Narbonne ? — Ah ! cette fois, Madame, deux amours sont combinés : l’amour de l’aristocratie et l’amour de l’aristocrate. — Vous croyez que madame de Staël aime monsieur de Narbonne à cause de son aristocratie ? — Ce n’est point à cause de son mérite, au moins. — Mais nul n’est moins aristocrate que lui. — Hélas ! Madame, vous vous trompez. — Ainsi, à votre avis, monsieur Gilbert, nous avons tort d’accepter monsieur de Narbonne comme ministre de la guerre ? — Vous feriez mieux, Madame, de prendre tout de suite celui qui lui succédera. — Qui donc ? — Dumouriez. — Dumouriez, un officier de fortune ! — Ah ! Madame, voilà le grand mot lâché, et encore, vis-à-vis de celui qu’il frappe, est-il injuste ! — Monsieur Dumouriez n’a-t-il pas été simple soldat ? — Monsieur Dumouriez, je le sais bien, Madame, n’est pas de cette noblesse de cour à laquelle on sacrifie tout ; monsieur Dumouriez, noble de province, ne pouvant ni obtenir ni acheter un régiment, s’est engagé comme simple hussard ; à vingt ans il s’est fait hacher à coups de sabre par cinq ou six cavaliers, ne voulant pas se rendre, et malgré ce trait de courage, malgré une intelligence réelle, il a langui dans les grades inférieurs. — Oui, intelligence qu’il a développée en servant d’espion à Louis XV. — Pourquoi appeler en lui espionnage ce que vous appelez diplomatie dans les autres ? Je sais bien qu’à l’insu des ministres du roi il entretenait une correspondance avec le roi. Quel est le noble de cour qui n’en eût pas fait autant ? — Mais, Monsieur, s’écria la reine, trahissant sa profonde étude de la politique par les détails dans lesquels elle entrait, c’est un homme essentiellement immoral que celui que vous me recommandez ; il n’a nul principe, nul sentiment de l’honneur. Monsieur de Choiseul m’a dit à moi que Dumouriez lui avait présenté deux projets relatifs aux Corses, un pour les asservir, l’autre pour les délivrer. — C’est vrai, Madame, mais il a oublié de vous dire que le premier fut préféré, et que Dumouriez se battit bravement dans ce but. — Le jour où nous accepterons monsieur Dumouriez pour ministre, c’est comme si nous faisions une déclaration de guerre à l’Europe. — Eh ! Madame, dit Gilbert, la déclaration est faite dans tous les cœurs. Savez-vous ce que les registres des départements donnent de citoyens inscrits pour partir volontairement ? Six cent mille. Dans le Jura, les femmes ont déclaré que les hommes pouvaient partir, et que, si on voulait leur donner des piques, elles s’offraient à garder le pays. — Vous venez de prononcer un mot qui me fait frémir, dit la reine. — Excusez-moi, Madame, dit Gilbert, et dites-moi lequel pour qu’il ne m’arrive plus un pareil malheur. — Vous venez de prononcer le mot de pique ; oh ! les piques de 89, Monsieur !… Je vois encore les têtes de mes deux pauvres gardes du corps au bout de deux piques. — Et cependant, Madame, c’est une femme, une mère, qui a proposé d’ouvrir une souscription pour faire fabriquer des piques. — Est-ce aussi une femme et une mère qui a fait adopter par vos Jacobins le bonnet rouge, couleur de sang ? — Voilà encore où Votre Majesté est dans l’erreur, répondit Gilbert ; on a voulu consacrer l’égalité par un symbole ; on ne pouvait pas décréter que tous les Français porteraient un costume pareil ; on adopta, pour plus de facilité, une partie seulement du costume, le bonnet des pauvres paysans ; seulement on préféra la couleur rouge, non pas parce que c’est la sombre couleur du sang, mais, au contraire, parce que le rouge est gai, éclatant, agréable à la foule. — C’est bien, docteur, dit la reine, je ne désespère pas, tant vous êtes partisan des inventions nouvelles, vous voir un jour venir tâter le pouls du roi avec la pique à la main et le bonnet rouge sur la tête.

Et, moitié railleuse, moitié amère, voyant qu’elle ne pouvait sur aucun point entamer cet homme, la reine se retira.

Madame Élisabeth s’apprêtait à la suivre, mais Gilbert, d’une voix presque suppliante :

— Madame, dit-il, vous aimez votre frère, n’est-ce pas ? — Oh ! dit madame Élisabeth, ce n’est pas de l’amour que j’ai pour lui, c’est de l’adoration. — Et vous êtes disposée à lui transmettre un bon conseil, un conseil venant d’un ami, n’est-ce pas ? — Oh ! dites, si le conseil est véritablement bon. — À mon point de vue, excellent. — Eh bien ! alors, dites. — Eh bien ! c’est, quand son ministre feuillant sera tombé, et ce ne sera pas long, de prendre un ministre coiffé de ce bonnet rouge qui fait tant peur à la reine.

Et, saluant profondément madame Élisabeth, il sortit.

Page 1