D) Sur la race juive
La « théorie » raciale dominante actuellement n’est rien d’autre qu’un essai d’asseoir « scientifiquement » le racisme. Elle est dénuée de toute valeur scientifique. Il suffit d’observer les pitoyables acrobaties auxquelles se livrent les théoriciens racistes pour démontrer la parenté des « germains » et des Nippons ou l’antagonisme irréductible entre « l’héroïque esprit germanique » et « l’esprit mercantile anglo-saxon », pour en être complètement convaincu. Les divagations d’un Montandon sur la « déprostitution » de l’ « ethnie » juive par… l’obligation de porter des étoiles de David ne valent certainement pas mieux. La prostitution véritable de certains « savants » au racisme montre un spectacle rare de déchéance de la dignité humaine. Ce n’est là d’ailleurs que l’aboutissement de la déchéance complète de la science bourgeoise qui déjà, sous la démocratie, n’était rien moins qu’objective.
Les niaiseries racistes ne doivent pas nous empêcher cependant d’examiner dans quelle mesure il est nécessaire de parler d’une race juive. Or, l’examen le plus superficiel de la question nous amène à la conclusion que les Juifs constituent en réalité un mélange de races des plus hétéroclite. C’est évidemment le caractère diasporique du judaïsme qui est la cause essentielle de ce fait. Mais même en Palestine, les Juifs furent loin de constituer une « race pure ». Sans parler du fait que, d’après la Bible, les Israélites ont emmené à leur sortie d’Egypte une masse d’Egyptiens et que Strabon les considérait comme descendants d’Egyptiens, il suffit de rappeler les nombreuses races qui s’étaient établies en Palestine : Hittites, Cananéens, Philistins, (« aryens »), Egyptiens, Phéniciens, Grecs, Arabes. La Judée était habitée, d’après Strabon, par des Phéniciens, des Egyptiens et des Arabes. Le développement du prosélytisme juif durant l’époque grecque et romaine, a fortement accentué le caractère mêlé du judaïsme. Déjà, en 139 avant J.-C., les Juifs sont chassés de Rome pour y avoir fait des prosélytes. La communauté d’Antioche était composée en grande partie de prosélytes. Le prosélytisme n’a jamais cessé, même durant les périodes postérieures. La conversion forcée d’esclaves au judaïsme, la conversion des Khazars ainsi que d’autres races et peuplades au cours de la longue diaspora, ont constitué autant de facteurs qui ont fait du judaïsme un conglomérat caractéristique de races.
Actuellement, il n’y a absolument aucune homogénéité raciale entre les Juifs yéménites par exemple et les Juifs du Daghestan. Les premiers sont du type oriental tandis que les derniers appartiennent à la race mongole. Il y a des Juifs noirs aux Indes, des Juifs éthiopiens (Falascha), des Juifs « troglodytes » en Afrique. Cependant cette différence fondamentale existant par exemple entre les Juifs du Daghestan et les Juifs yéménites n’épuise pas la question. En effet, les neuf dixièmes des Juifs actuels sont des Juifs habitant l’Europe orientale ou des descendants de Juifs de cette contrée. Y a-t-il une race juive européenne-orientale ? Voilà comment y répond le théoricien antisémite Hans Gunther :
« Le judaïsme oriental qui forme près des neuf dixièmes des Juifs, composé aujourd’hui des Juifs de Russie, de Pologne, de Galicie, de Hongrie, d’Autriche et d’Allemagne, ainsi que de la plus grande partie des Juifs de l’Amérique du Nord ainsi que de l’Europe occidentale, constitue un mélange des races asiatique-antérieure (vorderasiatisch), orientale, balte, asiatique-intérieure (innerasiatisch), nordique, hamitique, nègre » (Rassenkunde des judisches Volkes).
D’après les recherches auxquelles on s’est livré à New York, sur 4.235 Juifs, il y avait :
Type : Juifs – Juives
Types bruns : 52, 62% – 56, 94%
Types blonds : 10, 42% – 10, 27%
Types mêlés : 36, 96% – 32, 79%
14, 25 % des Juifs et 12, 70 % des Juives possédaient ce qu’on appelle le nez juif, qui n’est d’autre que le nez commun aux peuples de l’Asie Mineure, particulièrement répandu parmi les Arméniens. Ce nez est aussi fortement répandu parmi les peuples méditerranéens ainsi que parmi les Bavarois (race dinarique). Ces quelques remarques nous permettent de conclure à l’inanité du concept de la « race juive ». La race juive est un mythe. Par contre, il est juste de dire que les Juifs constituent un mélange racial différent des mélanges raciaux de la plupart des peuples européens, principalement des slaves et des germains.
Cependant ce ne sont pas tellement les caractéristiques anthropologiques des Juifs qui les distinguent des autres peuples que leurs caractéristiques physiologiques, pathologiques et surtout psychiques.
C’est surtout la fonction économique et sociale du judaïsme à travers l’histoire qui explique ce phénomène. Durant des siècles, les Juifs furent des habitants des villes, livrés au commerce. Le type juif est beaucoup plus un résultat de cette fonction séculaire qu’une caractéristique raciale. Les Juifs ont absorbé une masse d’éléments raciaux hétérogènes, mais tous ces éléments ont été soumis à l’influence des conditions spécifiques dans lesquelles vivaient les Juifs, ce qui, à la longue, aboutit à la création de ce qu’on appelle le « type juif ». C’est le résultat d’une longue sélection non pas raciale, mais économique et sociale. La faiblesse corporelle, la fréquence de certaines maladies telles que le diabète, la nervosité, une attitude corporelle spécifique, etc., ne sont pas des caractéristiques raciales, mais résultent d’une position sociale spécifique. Il n’y a rien de plus ridicule que d’expliquer, par exemple, le penchant au commerce ou la tendance vers l’abstraction des Juifs par leur race. Partout où les Juifs s’assimilent économiquement, partout où ils cessent de former une classe, ils perdent rapidement toutes ces caractéristiques. Il se fait ainsi que là où les théoriciens racistes pensaient se trouver en face d’une « véritable race », ils ne sont, en réalité, que devant une communauté humaine dont les caractéristiques spécifiques sont avant tout le résultat des conditions sociales dans lesquelles ils ont vécu durant de longs siècles. Un changement de ces conditions sociales doit naturellement entraîner la disparition des « caractéristiques raciales » du judaïsme.
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