Scène XII.
ANGELO, SATAN.
ANGELO.
Je reconnais cet Enfant, un rayon divin resplendit sur son front… C’est un ange ou le Sauveur en personne !… Et toi, maudit, tu ne saurais lutter contre lui ! arrière ! je ne te crains plus. Je me repentirai, je retournerai au désert, et je m’imposerai de telles pénitences, je m’infligerai de tels supplices que je ferai mon enfer moi-même en ce monde pour me racheter dans l’autre.
(Il s’enfuit.)
SATAN, riant.
Retourne à l’ermitage ; tu y trouveras le spectre sanglant de la courtisane, et tes remords auront tous la figure de la peur. J’irai encore te rendre visite. C’est au désert que je règne sur celui qui n’aime que lui-même. Va, invente des supplices pour ton corps, et persiste à croire que le sang est plus agréable à Dieu que les larmes. Je t’aiderai à dessécher ton cœur et à développer par de fécondes imaginations le précieux germe de férocité qui fait les savants exorcistes et les inquisiteurs canonisés. Ceci est l’amen du diable, messeigneurs les hommes !