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Chapitre 1

Le décor renaissance est une grande salle
Au château du vieux comte. Une portière sale
Sert d’entrée. Un vieillard, en beaux habits de deuil
Et l’air grave, est assis sur le bord d’un fauteuil

A dossier haut. Il met sa main sur une table

Auprès de lui, disant :

« C’est là le véritable

Moyen ; quoi qu’il en soit, je ferai jusqu’au bout

Mon devoir ; vous pouvez vous retirer. »

Debout,

A trois pas de la rampe, en écuyer, l’épée

Nue en main, de profil, la poitrine drapée

Dans un grand manteau brun, une jambe en dehors,

Gaspard est immobile. Il réplique :

« Pour lors,

Monseigneur, si tels sont vos vœux, il ne me reste

Qu’à remettre l’épée au fourreau. »

D’un grand geste

Exagéré, levant sa main gantée en l’air,

Il abaisse la lame en lançant un éclair,

Puis cherche à la rentrer ; mais il remue et tremble,

Ses mains ne peuvent pas faire toucher ensemble,

La pointe, avec le haut du fourreau noir en cuir,

Qui tournent tous les deux en paraissant se fuir.

Gaspard, très rouge avec sa fraise qui l’engonce,

Rage et devient nerveux. Une fois il enfonce

La pointe à faux, voulant quand même aller trop fort,

Et la pique à côté de l’ouverture, au bord

En cuivre du fourreau. Le moment semble immense ;

Dans la salle, partout attentive, on commence

A chuchoter et puis à rire ; plusieurs fois

Gaspard repique au bord. Tout en haut une voix

Crie :

« Il est donc bouché ton fourreau ? »

Ça redouble,

Et devant ce gros rire augmentant qui le trouble,

Gaspard exaspéré, sans forces, se retient

De tout abandonner pour sortir. Il parvient

Juste, à trouver enfin l’orifice ; bien vite

Il enfonce le fer entier. Mais on profite

De la chose, au public, pour faire de nouveau

Du bruit. On applaudit ; les cris « bis » et « bravo »

Se mêlent aux coups sourds des cannes. L’avanie

Énorme qu’on lui fait, et toute l’ironie

Qu’il sent dans ce succès, atterrent Gaspard. Tant

Que le tumulte dure, impassible il attend,

Les bras croisés. L’épée à son flanc se balance,

Miroitant par endroits.

Enfin quand le silence

Après assez longtemps se rétablit partout,

Le vieux comte, resté calme, se met debout ;

Et Gaspard, dénouant ses bras avec emphase,

Commence, en reprenant assurance, une phrase

Entortillée et longue, affirmant que jamais

Personne ne saura le sombre secret. Mais

Avant de terminer sa tirade il s’embrouille,

Et sur plusieurs serments successifs qu’il bredouille,

Parlant de son honneur, de son nom, et du sort

Qui l’attend au prochain lever du jour, il sort

Par la portière, avec tout un nouveau tapage

D’ironiques rappels.

Grande, une femme en page,

Dans un costume tout en velours noir et bleu,

Qui sans être ajusté, dessine encore un peu

Sa taille longue, est près d’entrer ; la plume blanche

De son chapeau frissonne. Un poing sur une hanche,

Elle maintient, chacun par sa laisse, deux grands

Lévriers ; derrière elle, un tas de figurants

Causent très bas ; l’un d’eux tripote sa cuirasse

Qui, pour lui, semble trop étroite et l’embarrasse.

Gaspard, sans s’arrêter, tourne ; là-bas au fond,

Deux escaliers de bois très courts, tout usés, font

Les deux pendants ; il va vite à celui de droite,

Et trouvant la largeur des marches trop étroite,

Il les monte dès les premières deux par deux.

Les figurants font un cliquetis autour d’eux ;

Un gros rouge étudie un grand geste de haine

Du bras droit ; à travers le décor, sur la scène,

On entend le vieillard qui parle, encore seul,

Jurant « par le tombeau de son illustre aïeul

Le duc Louis, le grand batailleur, dont il porte

Le nom très glorieux et fameux ».

Une porte

Est là sur un palier, massive, tout en fer ;

Gaspard, en arrivant au bout du nombre impair

Des marches, va dessus et du bras il la pousse ;

Puis pour passer il la maintient avec son pouce,

Et sort en la cognant du pied sans le vouloir.

Là, presque tout de suite, à gauche d’un couloir

Au fond duquel on voit le cadran d’une horloge,

Il se trouve devant la porte de la loge

Numéro vingt. Il entre et referme très fort

Avec rage ; la clé, de l’autre côté, sort

De la serrure, tombe en résonnant, puis saute

Avant de se poser tout à fait. Gaspard ôte

Vite, en tirant les doigts nerveusement, ses gants

Gris, terminés par deux grands poignets élégants ;

Puis avec ses doigts nus, il enlève sa fraise

Qui le gêne. Et tombant alors sur une chaise

Capitonnée, et d’où sort un peu de coton

Par une déchirure, il saisit son menton,

Le coude sur la cuisse, et murmure à voix basse,

Le regard angoissé tout perdu dans l’espace,

Dirigé fixement en bas, vers le milieu

De la porte : « Mon Dieu… mon Dieu… mon Dieu… mon Dieu…

L’esprit, dans une crise aiguë, en proie au doute.

††

La loge est encombrée et petite ; elle est toute

En longueur ; à main gauche en entrant, un côté

Long, est plein de pendoirs ; un pantalon crotté

Pendant au premier, a, sauf une seule patte,

Ses bretelles en place ; on voit une cravate ;

Une chemise au col traversé d’un bouton

De nacre, cache presque en entier un veston.

En face, à l’autre mur, une longue tablette,

Pleine de fards divers et d’objets de toilette,

Est en désordre ; auprès du couvercle d’un pot

De pommade, un flacon d’huile montre un dépôt

Jaunâtre, plus foncé que le reste. Une coupe

En gros verre, a beaucoup de poudre qu’une houppe

Surmonte. Des ciseaux aux tranchants écartés

Sont couverts de reflets cassés et de clartés ;

Le dessus d’un des deux tranchants forme une lime

Étroite, avec son bord ; un peu de rouille abîme

Une des pointes dont l’acier n’est plus ardent.

Un peigne est moitié gros, moitié fin ; une dent

Manque du côté fin. Sur le mur une glace

Assez grande, a dans un de ses coins une place

Plus claire, qui paraît une tache en dessous ;

Une lettre avec un timbre bleu de trois sous

Est enfoncée un peu sous le bois qui la serre

Fort, en cachant son coin d’en bas, contre le verre ;

D’une grosse écriture elle est adressée à

Monsieur Gaspard Lenoir, au Théâtre de la

République, Paris. Le coin de l’enveloppe,

En haut, a le portrait d’un hôtel de l’Europe ;

Deux endroits sur les toits compliqués sont ôtés,

Déchirés en ouvrant. Au mur des deux côtés

De la glace sont deux bec de gaz ; sous la flamme,

Sur un blanc de faïence on lit une réclame

Qu’on voit partout ; le bec de gauche fait plus clair

Que l’autre, dont la clef n’est pas très droite ; en l’air,

Une haleine du gaz, transparente, s’élève

Du verre, en faisant faire une frisure brève

Au mur qui paraîtrait, lui, trembloter. Plus loin

Une tablette très petite prend le coin

Près de la porte ; auprès d’une épaisse cuvette,

Toute propre et pliée en long, une serviette

Dépasse de très peu le bord ; un savon vert,

Dans une savonnière, est encore couvert

De mousse desséchée ; en arrière une éponge

Est à même le bois.

Gaspard toujours se ronge,

Dans tout l’ébranlement du doute qu’il ressent.

A la fin, il se lève avec force, en poussant,

Après avoir enflé sa poitrine, un immense

Soupir ; il tire fort son manteau, puis commence

A se déshabiller avec mauvaise humeur

Et hâte d’en finir.

††

Là-bas une rumeur

Arrivant du côté de la scène, pareille

A des bravos confus, lui fait prêter l’oreille.

C’est la pièce qui vient de finir. Plusieurs fois

On rappelle un acteur ; ensuite un bruit de voix

S’approche, et la clameur devient soudain plus forte,

Au moment où l’on pousse, avec un coup, la porte

En fer de l’escalier plein de monde ; ce sont

Les figurants sortant de scène, qui s’en vont

Avec leur cliquetis. Le deuxième qui passe

S’arrête quelque temps à la porte et ramasse,

Faisant un bruit de fer continuel, la clé ;

Il s’approche d’un pas ; après avoir raclé

Du bout pointu le bord de l’ouverture, il pousse

La clé dedans. Un autre, en passant plus loin, tousse

Deux ou trois fois, et lance avec bruit un crachat.

Un autre imite un long miaulement de chat,

Puis fait claquer ses doigts en disant : « Viens donc ! » comme

S’il appelait le gros noir d’en bas qui se nomme

Moustapha, mais que tous appellent plus Noiraud,

Et qu’on rencontre assez souvent, marchant en haut.

Un pas marche tout près, et la porte est cognée

D’un choc sec et vibrant, comme par la poignée

D’une épée ; à la fin la lourde porte bat,

Et tous les figurants dans leur bruit de combat,

Pareil au cliquetis sans règle d’une troupe

Débandée au repos, s’éloignent.

Mais un groupe

Nouveau, de cinq ou six seulement, en retard,

Causant et se cognant de tous les côtés, part

Encore par la porte. Ils marchent pour rejoindre

Les autres. Sans penser, Gaspard comprend le moindre

De leurs détours au fond du couloir familier

Pour lui. Tous les premiers, déjà, dans l’escalier

De bois, craquant sans cesse, et menant à l’étage

Qui leur est réservé, se perdent davantage.

††

Gaspard a déjà mis, chacun sur son pendoir,

Son large manteau brun et le pourpoint tout noir

Qu’il avait, sans changer, tout au long de la pièce ;

Le reste est pêle-mêle, en tas, sur une espèce

De fauteuil long et clair ; et surmontant le tout,

Son chapeau, dont la boucle en acier se découd.

Ses bottes noires sont près du mur, côte à côte ;

L’une est un peu moins raide ; elle se tient moins haute.

Il remet ses souliers ; il est en pantalon,

En gilet de flanelle ; un blanchâtre galon,

Tout recroquevillé, finit ses courtes manches

Sur le haut de ses bras. Pendantes sur ses hanches,

Ses bretelles, sans plis, se montrent à l’envers ;

Ses souliers, qu’il finit de mettre, sont couverts,

Surtout sur le rebord des semelles, de boue ;

La poitrine penchée et les bras longs, il noue

Le cordon du deuxième. Ensuite, se levant,

Il prend la chaise en main, et la pose devant

La glace ; en s’asseyant, un instant il accroche

Les bretelles au coin du dossier. Il rapproche

Avec vivacité, de deux coups prompts et secs

Qui font plonger un peu la flamme, les deux becs.

Et levant ses deux mains qu’il met près de sa nuque,

En entraînant sa barbe il ôte sa perruque

Blonde, qu’il pose là, sur un court champignon.

Cela fait ressortir son air sombre et grognon ;

Il est brun ; sa coiffure en brosse qui moutonne

Sur le haut de la tête et rase en bas, lui donne

Tout de suite, par sa régularité, l’air

Plus mâle et moins paré que le blond frisé clair

D’auparavant. Rasé complètement, il semble

Trente ans.

Mais, regardant un des deux feux qui tremble

Moins haut que l’autre, avec un doigt il le remet,

En recouchant la clé très droite, à son sommet,

Sans que du reste dans la loge il y paraisse

Beaucoup. Puis enfonçant son index dans la graisse

D’un pot, il se l’étale, afin d’ôter le fard

De sa figure ; mais tout le temps il lui part

Quelque soupir ou bien un haussement d’épaule

Muets.

††

Depuis un mois, il double dans ce rôle

Important, d’écuyer près du vieux comte veuf,

Dans la pièce à très long succès de Charles Neuf,

Litert, le créateur, pas assez gentilhomme,

Selon lui, dans le geste et les allures. Comme

Toujours, il s’était mis à l’avance au travail

Avec ardeur, cherchant jusqu’au moindre détail

Chaque intonation de voix et chaque pose,

En tâchant de donner au dialogue en prose,

L’enflure et la rondeur emphatique des vers.

Puis il avait joué ; tout à fait à l’envers

De Litert, espérant soulever un délire

De bravos, par endroits, et croyant déjà lire

Aux Théâtres, dans tous les journaux, que Lenoir

S’était vu révéler dans l’acte du manoir.

Mais, une fois de plus, toutes ses espérances

Avaient, le soir venu, fait place à des souffrances

De déboire ; tous les grands passages d’éclat

Sur lesquels il comptait étaient tombés à plat.

Pourtant sa foi n’était quand même pas partie ;

Et chaque soir, malgré toute l’antipathie

Obstinée, et le froid malveillant qu’il sentait

Dans ce public pourtant indulgent, il s’était

Repris d’espoir, enflant la parole et le geste

Pour forcer le succès, toujours en vain du reste.

Mais jamais il n’avait reçu comme ce soir

Un tel affront.

††

Avec le coin d’un vieux mouchoir

Fendu dans sa longueur presque entière, il s’essuie

Pour la dernière fois. De son doigt il appuie

Assez fort sur la peau, pour en laisser le moins

Possible ; déjà gras aussi, les autres coins

Du mouchoir sont tachés de son fard.

Il achève

Le tour de sa figure, et, reculant, se lève

Pour aller se laver à la cuvette, sans

Avoir quitté son air toujours soucieux. Dans

La cuvette elle-même, un pot de porcelaine

Est court ; il verse, et quand elle est à moitié pleine,

Avec un clapotis il met le pot en bas,

Sous la tablette, auprès du mur, ne trouvant pas

De place en haut ; il prend ensuite son éponge,

Et de sa main aux doigts écartés, il la plonge ;

Puis se baisse et se lave aussi vite qu’il peut.

En finissant, il tient sa figure, d’où pleut

Tout un ruissellement, par-dessus la cuvette,

Et, de deux doigts, prenant par un coin la serviette,

Il la secoue, afin de la déplier, fort,

Par saccades ; le bout qu’il tient, ainsi, se tord

Un peu ; de ses deux doigts, pour le poids, il la presse

Solidement, ayant peu de prise. Il se dresse

A présent, et commence à s’essuyer avec

Les deux mains, en cherchant parfois un endroit sec

Quand la place devient mouillée et trop ancienne ;

Il est assez bien fait, d’une taille moyenne,

Et beaucoup de largeur d’épaules, plutôt grand.

Il remet la serviette à sa place, puis prend

En fouillant après un pendoir, dont il s’approche,

Une montre à la chaîne épaisse, dans la poche

Entre-bâillée au poids qui tire, d’un gilet

Tout pareil au veston ; voyant l’heure qu’il est,

Il s’apprête à finir de se rhabiller vite,

Car ce soir, vers minuit, Roberte, qui profite

De l’absence de Paul en voyage aujourd’hui,

Doit venir le rejoindre en cachette chez lui,

Où, dit-elle, elle croit se sentir disparue

Pour toujours, dans sa chambre étroite de la rue

Alibert.

††

C’est un an avant, l’hiver dernier,

Qu’un soir elle l’a vu faire un palefrenier,

Doublant aussi Litert, dans un grand mélodrame,

Où son faux témoignage entortillait la trame.

La pièce en huit tableaux avait fait quelque bruit,

Et par hasard, pendant un temps, avait conduit

Un peu de public mieux parmi la multitude

Très grossière, qui seule encombre d’habitude

Les places bon marché de ce théâtre-ci.

Litert était tombé malade, et c’est ainsi

Que Roberte de Blou, dans la pénombre noire

Qui la cachait pour lui, d’une étroite baignoire

Avait du premier coup ressenti quelque élan

Vers lui, puis combiné, lentement, tout un plan.

Dès sa première entrée, elle s’était de suite

Sentie avec ardeur, attirée et séduite

Par sa figure, à l’air vil, hypocrite et bas,

Et la précaution timide de son pas,

Quand, au commencement, à l’improviste, en mise

Du matin, pantalon simplement et chemise,

En chaussons, comme ayant laissé sur le pavé

De la cour, ses sabots, il était arrivé

Dans la chambre du crime, et semblant correspondre

Avec l’autre valet, s’était mis à répondre

De son air doucereux et faux de scélérat,

Aux questions du gros et calme magistrat,

Pour le mettre, en mentant, sur une piste fausse.

Dans le cours de la pièce, ensuite, toute grosse

De complications, sous des aspects divers

Il s’échappait toujours. Puis enfin découverts

Tous les deux, lui, l’auteur du crime, et sa complice,

Par les ruses sans fin de l’agent de police

Qui les savait les vrais assassins du vieillard,

Attablés dans un noir bouge, où « café-billard »

Se lisait à l’envers, tout au fond, à l’entrée,

Sur un treillis faisant une porte vitrée,

Laissant voir des maisons peintes comme horizon,

Ils étaient emmenés, après lutte, en prison.

Roberte, en le voyant en rôdeur de barrières

Dire, en ricanant, des paroles ordurières

Avec des airs voyous, sans cesse avait senti

En elle s’aviver un amour perverti,

Que n’avaient fait qu’accroître et le crime et la fange.

A peine quelques jours après, par un échange

De lettres, augmenté par un premier refus

De lui, tout méfiant d’abord, ils s’étaient vus.

Et depuis ce temps-là leur amour est le même ;

Lui, tout de suite épris de ses grands yeux noirs, l’aime

Pour son visage mat, fin, pour le joli bruit

Que fait son rire aux dents blanches, qui l’a séduit,

Le charme gracieux et la délicatesse

De son corps à la peau blanche, la petitesse

De ses mains, pour la force aussi de son parfum.

Parfois quelque bijou nouveau donné par l’un

Ou par l’autre, une bague énorme ou quelque broche

Qu’il ne lui connaît pas, font, sans qu’il lui reproche

Jamais rien, la douleur d’un de ses rendez-vous,

En excitant en lui des haines de jaloux

Qu’il n’aurait pas osé lui dire, et qu’il redoute.

Il aurait tant voulu l’avoir pour lui seul, toute

A lui, mais il sent bien qu’il n’a guère le droit

D’exiger rien, que c’est lui-même qui lui doit

Tout. Souvent, lorsqu’elle est plus libre, elle préfère

Au luxe surchargé partout, à l’atmosphère

Chaude, au clinquant doré de son appartement

Où l’on peut être, aussi, surpris à tout moment,

Les murs et le parquet froids de sa chambre nue

Où depuis quelque temps elle n’est pas venue.

Mais pour se rattraper, disait-elle aujourd’hui

Dans un mot en papier parfumé qu’elle lui

Écrivait, elle s’en faisait toute une fête

De revenir ce soir !

††

Gaspard met sur sa tête,

L’enfonçant par le bord ensuite, un chapeau mou.

Son paletot lui vient au-dessus du genou,

Râpé quoique plucheux, et sentant l’économe.

Puis il prend une canne en bois brun, dont la pomme

A rayures faisant une courbe, en argent,

Est toute cabossée. Après, se dirigeant

Vers la porte, il regarde un peu, voir s’il ne laisse

Rien traîner ; il revient vers les deux gaz qu’il baisse

Beaucoup, jusqu’au moment ou le feu devient vert.

Puis il sort et s’éloigne en laissant grand ouvert.

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