Scène V.
LEBEL, seul, puis M HÉBERT.
LEBEL. Voilà une réponse qui aurait pu être meilleure ; mais n’importe, occupons-nous de tout disposer pour cette visite nocturne. (À M Hébert, qui traverse le salon pour se rendre chez la Marquise.) Un mot, mademoiselle Hébert ; il est essentiel que de tous les gens de madame la marquise, il n’y ait personne que vous dans l’antichambre dès que onze heures sonneront. Tous les réverbères du corridor seront éteints alors.
M HÉBERT. Pourquoi donc, s’il vous plaît ?… Ils doivent rester éclairés toute la nuit ; c’est l’ordre du gouverneur.
LEBEL. Eh bien, le gouverneur ne sera point obéi ce soir. Quand vous entendrez frapper doucement trois petits coups à la porte, vous ouvrirez : deux hommes assez mal vêtus entreront ; vous ne leur ferez nulle question, et vous irez prévenir madame la marquise de leur arrivée.
M HÉBERT. Éloigner les gens de madame, pour laisser entrer ici des inconnus !
LEBEL. Soyez tranquille. Zèle, intelligence, discrétion, et votre fortune est faite.
Il sort.