‹ La Duchesse de ChâteaurouxChapitre 37 sur 47 · Scène III.

Scène III.

LA DUCHESSE, seule. Il revient… Tout un peuple ivre de joie se précipite au-devant de lui, pour le voir, pour l’adorer, pour le bénir, et c’est à moi… oh ! je suis heureuse et fière de me le dire, c’est à moi, c’est à mes conseils qu’il doit les cris d’amour et les bénédictions du peuple. Grâce à moi, ce n’est plus ce roi indolent, étranger à la nation, inconnu à l’armée. C’est Louis XV victorieux, c’est Louis le bien-aimé qui vient de recevoir le prix de sa valeur, la récompense de ses bienfaits, et ce triomphe qu’il me doit, je ne le verrai point ! Ah ! dussé-je en mourir, mon dernier regard s’enivrera de ce grand spectacle. Et lui ! lui !… je le verrai une fois encore ; je reverrai ces traits si nobles, ces yeux divins dont le feu me brûle toujours ; oui, oui, le revoir encore ! mon Dieu ! le revoir encore, car je l’aime. Mais à qui confier ce projet ? personne ne voudra… Si mademoiselle Hébert… oui, elle seule, elle si bonne, si dévouée… (Elle ouvre la porte de sa chambre.) Mademoiselle Hébert, êtes-vous là ?

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