‹ La Duchesse de ChâteaurouxChapitre 44 sur 47 · Scène X.

Scène X.

LES MÊMES, GERMAIN.

GERMAIN. Pardon si je dérange madame la duchesse, mais c’est quelqu’un qui désire parler à mademoiselle Hébert.

M HÉBERT. À moi ? à cette heure ? qu’on revienne demain !

GERMAIN, faisant des signes à mademoiselle Hébert. C’est, dit-on, pour quelque chose d’important.

LA DUCHESSE, avec ironie. Ah ! je devine. Allez, ma chère, et dites-leur que je suis prête à les suivre. On vient m’arrêter.

Mlle Hébert sort.

LA DUCHESSE, prenant un coffre d’ivoire qui est sur la table. Comment soustraire ces lettres à leurs perquisitions ? C’est mon unique trésor, tout ce qui me reste de lui… On ne me l’arrachera qu’avec la vie !

M HÉBERT, rentrant émue. Ah ! madame, rassurez-vous… Qui l’aurait pu penser… cet homme qui me demandait… Ô mon Dieu ! n’allez pas vous trouver mal !

LA DUCHESSE, vivement. Cet homme, quel est-il ? Parlez.

M HÉBERT. C’est…

LA DUCHESSE. Parlez donc ! vous me faites mourir.

M HÉBERT. Et voilà ce que je crains vraiment. Calmez-vous, madame ; sinon, je ne vous dirai pas que cet envoyé mystérieux est…

LA DUCHESSE, frémissant. Mais qui donc, mon Dieu !…

M HÉBERT. Le valet de chambre…

LA DUCHESSE. Du roi ?

M HÉBERT. Oui, Lebel lui-même… et voici le billet qu’il m’a chargé de remettre à madame.

LA DUCHESSE, saisissant le billet et l’ouvrant précipitamment. C’est de lui ! ô ciel ! ma vue se trouble… les larmes… je ne peux lire !…

Elle tombe accablée sur un canapé.

M HÉBERT, ramassant le billet. Lisez, lisez, madame ; ces mots-là vous rendront la vie.

LA DUCHESSE, lisant. « Un coupable qui pourtant vous est resté fidèle se rendra en secret, dans une heure, à votre porte… Daignerez-vous le recevoir ?… Peut-il espérer son pardon ?… » Ah ! qu’il vienne et tout est oublié.

Mlle Hébert sort.

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