‹ La Duchesse de ChâteaurouxChapitre 45 sur 47 · Scène XI.

Scène XI.

LES MÊMES, moins M HÉBERT.

LA DUCHESSE. Je vais le voir ! mes amis… Ô mon Dieu ! il me semble que mon cœur bat trop vite pour aller jusque-là… C’en est trop pour ma raison, pour ma vie, peut-être. Ah ! si c’était une dérision du ciel !… Si tant de bonheur ne m’était offert que comme un piége… Si l’adresse de mes ennemis… les menaces du grand aumônier… si sa crainte… sa faiblesse, allaient le détourner… Mais ces mots, écrits de sa main, ce n’est point une illusion… il me demande grâce… il m’aime encore. Oui ! j’aurai la force de le voir, de lui parler et l’entendre. Je ne sais ce que j’éprouve, c’est là… je sens… c’est le bonheur… la surprise… la joie… Il va venir… les portes s’ouvrent, oui, j’entends marcher… Si c’était lui… courons. Ah ! je ne puis me soutenir.

Elle retombe accablée sur le canapé. Pendant cette tirade, ses amis l’entourent avec une tendre sollicitude, ils la soutiennent.

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