Scène II.
ADÉLAÏDE, M HÉBERT.
ADÉLAÏDE, entr’ouvrant la porte. Ma sœur est-elle déjà chez la reine ?
M HÉBERT. Non, mademoiselle, elle n’ira pas ce soir.
ADÉLAÏDE. Je le crois bien, vraiment, après ce qui s’est passé hier. Pauvre sœur, l’accueillir ainsi !…
M HÉBERT. Ah ! mon Dieu ! aurait-elle éprouvé quelque disgrâce ?
ADÉLAÏDE. La reine l’a traitée avec tant de froideur, que chacun s’est cru autorisé à être plus qu’impoli pour madame de la Tournelle. La princesse de Carignan ne lui a pas même rendu son salut. C’est du moins ce qu’a raconté ma tante en revenant du château, et ce qui a provoqué la défense qu’elle m’a faite de revoir ma sœur.
M HÉBERT. Serait-il possible ?
ADÉLAÏDE. Oui, mademoiselle Hébert, je suis venue secrètement ici, en sortant de l’église où le carrosse de la duchesse de Lesdiguières m’attend ; mais il faut absolument que je parle à ma sœur, il y va du malheur de toute ma vie.
M HÉBERT. Ah ! mon Dieu ! vous m’effrayez !
ADÉLAÏDE. Oui, je fuirai seule au bout du monde, plutôt que de me résigner à…