‹ La Fable des abeillesChapitre 29 sur 37 · Défense de l’ouvrage · La dénonciation par les Grands-Jurés de Middlesex

Défense de l’ouvrage · La dénonciation par les Grands-Jurés de Middlesex

LA

DENONCIATION

QUE LES

GRANDS-JURE’S

DE

MIDDLESEX

Ont faite de moi & de mon Livre, étoit concue en ces termes.

« Rien ne nous paroît plus utile pour SA MAJESTE’, pour la ſucceſſion de la Famille Proteſtante qui eſt heureuſement établie ſur nous, & pour la, défenſe de la Religion Chrétienne, que d’arrêter les Blasphemes & les Profanations, qui tendent directement à renverſer les ſolides fondemens ſur leſquels le Gouvernement de SA MAJESTE’eſt établi. »

« Prémièrement blasphémé ouvertement, & nié la doctrine de la très-ſainte & adorable Trinité, en travaillant par de ſpécieufes raiſons à faire revivre l’Arianisme : Héréſie qui ne s’eſt, jamais gliſſée dans aucune Nation, qu’elle n’ait été poursuivie par la vengeance céleste. »

« En ſecond lieu. Ils ſoutiennent qu’il y a un Deſtin irrévocable & nient ainſi la Providence & le Gouvernement que le Tout-puiſlant exerce ſur cet Univers. »

« En troisième lieu. Ils ont tâché de renverſſer tout Ordre & toute Diſcipline dans l’Egliſe ; & par de baſſes & d’injuſtes inſinuations contre le Clergé, ils ont voulu attirer du mépris ſur, toute la Religion afin qu’en inſpirant aux autres le même libertinage d’opinion qu’ils profeſſent, ils les portent à les imiter dans leur criminelle pratique. »

« En quatrième lieu. Ces Auteurs, pour établir plus efficacement & plus généralement le Libertinage, ôſent décrier les Univerſités, & cenſurer avec, la plus dangereuſe malice, & calomnier toutes les Inſtructions que l’on donne à la Jeuneſſe ſur les principes, de la Religion Chrétienne. »

« En cinquième lieu. Afin d’avancer avec d’autant plus de facilité ces œuvres de ténèbres, on s’eſt ſervi d’artifices étudiés, & des prétextes les, mieux concertés. Pour diffamer la Religion & la Vertu, on les a fait enviſager comme préjudiciables à la Société, & comme pernicieuſes à l’Etat. Ils ont travaillé à recommander le Luxe, l’Avarice, la Vanité, & tous les Vices de cette eſpèce, en les faiſant enviſager, non comme contraires au Gouvernement, mais comme néceſſaires à la Profpérité Publique. Que dis-je ! les Lieux de Débauche mêmes ont été célébrés, leur éloge a été inprimé dans le deſſein formel, à ce qu’il nous ſemble, de corrompre la Nation. »

FIN DE LA DE’NONCIATION DES GRANDS — JURE’S.

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