‹ La FaustinChapitre 53 sur 64 · LIII

LIII

Un matin, que l’honorable Georges Selwyn se promenait avec la Faustin, avant le déjeuner, dans l’allée de hêtres pourpres, il l’arrêta devant la volière du fond, où le jardinier avait enfermé sept ou huit coqs pour les engraisser.

— « Vous apercevez, madame, ces deux coqs qui se tiennent tout en haut du perchoir, tandis que les autres sont en bas ? »

— « Oui ! »

— « Regardez-les bien… faites attention comme leur crête est molle, allongée, décolorée ? »

— « En effet ! »

— « Ne remarquez-vous pas qu’ils ont quelque chose de triste et de comique à la fois dans leur galbe d’oiseau mâle ? »

— « Je ne vois pas bien ! »

— « Vous savez qu’ils ne descendront de là-haut, ces deux coqs, que lorsqu’ils mourront de faim ! »

— « Pourquoi ? parce que les autres les battront ? »

— « Non… parce que, lorsqu’ils descendront, les autres les traiteront, comme s’ils étaient des poules ! »

— « Vous trouvez cela vraiment si réjouissant, monsieur Selwyn ? »

— « Moi je trouve cela, je trouve cela… anti-physique… voilà tout ! » — fit l’Anglais, qui se mit à reconduire la Faustin à la maison, avec de petits rires ironiques très étranges.

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