Scène VI.
MADAME DURU, ÉRISE, DAMIS, LE MARQUIS,
MARTHE.
Marthe.
Eh bien ! vous laissez-vous tous les quatre effrayer
Par le malheureux cas de ce maître usurier ?
Damis.
Madame, vous voyez qu’il est indispensable
De prévenir soudain ce marché détestable.
Le Marquis.
Contre nos ennemis formons vite un traité
Qui mette pour jamais nos droits en sûreté.
Madame, on vous y force, et tout vous autorise,
Et c’est le sentiment de la charmante Érise.
Érise.
Je me flatte toujours d’être de votre avis.
Damis.
Hélas ! de vos bienfaits mon cœur s’est tout promis.
Il faut que le vilain, qui tous nous inquiète,
En revenant demain trouve la noce faite.
Madame Duru.
Mais…
Le Marquis.
Mais…Les mais à présent deviennent superflus.
Résolvez-vous, madame, ou nous sommes perdus.
Madame Duru.
Le péril est pressant, et je fuis bonne mère ;
Mais à qui pourrons-nous recourir ?
Marthe.
Mais à qui pourrons-nous recourir ?Au Notaire,
À la noce, à l’hymen. Je prends sur moi le soin
D’amener à l’instant le notaire du coin,
D’ordonner le souper, de mander la musique :
S’il est quelque autre usage admis dans la pratique,
Je ne m’en mêle pas.
Damis.
Je ne m’en mêle pas.Elle a grande raison,
Et je veux que demain maître Isaac Gripon
Trouve en venant ici peu de choses à faire.
Érise.
J’admire vos conseils et celui de mon frère.
Madame Duru.
C’est votre avis à tous ?
Damis, Érise, le Marquis, ensemble.
C’est votre avis à tous ?Oui, ma mère.
Madame Duru.
C’est votre avis à tous ? Oui, ma mère.Fort bien.
Je peux vous affurer que c’est aussi le mien.
fin du premier acte.