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Francis Jammes

Sous l’arceau clément d’une courbe
Que la terre paraît toucher,
Il retient entre ses mains jointes
Un temps déjà perdu pour nous
Dont il construit un nid paisible
Tout laineux d’anciennes années.
Il ne tente pas nos périls,
Mais il nous fait don de ses joies,
Il habite près du soleil
Un lieu qui nous est vacances,
Pareil aux pays des enfances
Où les grandes têtes ridées
Gardent nos traits sous leurs sillons,
Où les bêtes haussent vers nous
Leurs yeux pleins de secrets tranquilles,
Où la jeune fille candide
Semble poser pour les images
Du poète qui lui partage
L’aile des vents et des oiseaux.
Comme un gentilhomme rustique,
Il vient quelquefois à Paris
Saluer notre cour éparse
Qui rassemble au gré de ses pas
Des grandeurs non diminuées,
Et la République pour lui
Se fait un souverain visage
Avec les traits nobles et sages
D’Arthur Fontaine, son ami.

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