‹ La Fille du CielChapitre 23 sur 52 · Scène IX

Scène IX

LES MÊMES. L’ENFANT avec ses femmes et ses gardes.

L’enfant court vers sa mère et ploie le genou. — Me voici, mère !…

L’Impératrice. — Ah !… toi !… (Elle le relève et l’entoure d’un de ses bras.) Maintenant j’ai la force d’entendre… Parlez !

Porte-Flèche. — Divine souveraine, deux espions tartares se sont introduits dans le palais avec le monstrueux dessein d’enlever notre jeune empereur. Comme des tigres aux aguets, ils s’étaient cachés dans les buissons. Ils en sont sortis, à l’improviste, et ont osé porter la main sur la personne sacrée de votre fils.

L’enfant. — Mère ! ils m’ont jeté un voile sur la tête, en me serrant la gorge.

L’Impératrice. — Oh !…

L’enfant. — Je ne pouvais pas crier, mais je me suis bien débattu.

Porte-Flèche. — Nous faisions bonne garde. Les femmes, avec des cris d’horreur, ont appelé au secours ; nous sommes accourus et nous avons saisi les criminels.

L’Impératrice. — Ah ! vous les tenez !… Qu’on me les amène !

(Porte-Flèche se relève et s’éloigne. L’Impératrice se rassied.)

Prince-Ailé. — Leur procès ne sera pas long.

Prince-Fidèle. — Le ciel veillait sur son jeune fils, et l’a sauvé.

Tous. — Dix mille années, dix mille fois dix mille années.

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