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Chapitre 76 MORT DE Mme HERODIADE

Isaac Laquedem poussa du pied le monstre pour voir s’il était réellement décédé, après quoi il remit avec soin l’âme du jeune négociant blessé dans son corps : cela parut le soulager : j’entends le jeune négociant.

Isaac prit ensuite un mouchoir et le noua par les quatre coins, afin d’y placer le cadavre du colonel comte de Savray. Il est superflu de faire observer que cela ne put avoir lieu sans quelque manigance un peu surnaturelle. Néanmoins, ce n’était pas si miraculeux que vous le pensez. Le corps se prêtait à cette opération. Il diminuait, diminuait, diminuait… nous expliquerons le fait scientifiquement au chapitre subséquent, intitulé la Théorie des limbes.

Isaac Laquedem mit dans sa poche la petite boîte où étaient les fioles. C’était important pour la suite.

Il dit au jeune négociant, fils d’un des plus riches banquiers libéraux : « Lève-toi. » Le jeune négociant se leva, sans négliger de passer sa main sur ses yeux en murmurant : « où suis-je ? »

Isaac Laquedem saisit son bâton et ouvrit la porte. Hérodiade était derrière les battants, l’œil collé au trou de la serrure, afin de satisfaire sa curiosité coupable. Isaac l’assomma d’un coup de gros bout.

Il pénétra dans la chambre où les divers Juifs errants faisaient orgie, et les massacra tous tant qu’ils étaient à coups de bâton. Chodruc-Duclos seul échappa au carnage, parce qu’il était allé donner une sérénade, sous les fenêtres du prince de Polignac.

Tous ces meurtres passèrent inaperçus à la faveur de la guerre civile. D’ailleurs, chacun de ces braves Israélites avait été déjà roué, pendu, fusillé et guillotiné nombre de fois, selon les temps. Tous se portent à merveille au moment où nous traçons ces lignes.

Le fils du banquier libéral fut rendu à sa famille. Son nom est devenu célèbre par une des plus solides banqueroutes de ce siècle, fécond en sauts périlleux.

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