X - XI
Mes chants sont des abeilles qui suivent ton sillage embaumé; autour de tes grâces craintives elles bourdonnent et sont avides d’un butin secret.
Quand la fleur du matin s’incline accablée, quand les torpeurs de midi descendent sur la forêt muette, mes chants reviennent avec des ailes plus languides--des ailes poudrées d’or!
Que faisiez-vous de vos chansons, mon oiseau, lorsque vous vous blotissiez dans ce nid tiède? N’y trouviez-vous pas une joie complète? Quelle nostalgie vous fait donc exhaler votre âme dans l’infini du ciel?
--Mon bonheur restait sans voix dans les tiédeurs du nid; dans l’infini du ciel j’ai découvert que je savais chanter.