‹ La fugitiveChapitre 10 sur 77 · IX

IX

Il me souvient du jour.

La lourde pluie fait trêve un instant, puis tombe à nouveau, serrée et capricieuse et comme violentée par de brusques haleines.

J’ai pris ma harpe. Sans hâte, j’en frôle les cordes jusqu’à ce que la musique inconsciente ait épousé de cette tempête les cadences folles.

Elle a quitté son ouvrage; elle s’est arrêtée à ma porte; elle repart d’un pas mal assuré. Elle est revenue, et contre le mur appuyée elle attend; enfin, lentement elle est entrée et s’est assise.

Tête basse elle coud sans parler; mais bientôt elle laisse là son aiguille et regarde par la fenêtre, à travers la ligne brouillée des arbres.

Cela seulement: une heure de crépuscule pluvieux; de l’ombre; un chant... Du silence.

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