‹ La fugitiveChapitre 16 sur 77 · XVI - XVII

XVI - XVII

J’ai désiré tracer les mots de l’amour dans leur propre couleur; mais comme ils se cachent au fond de mon être et comme nos larmes sont pâles!

Les reconnaîtras-tu, mon amie, ces mots sans couleur?

J’ai désiré dire les mots de l’amour dans leur propre musique, mais cette musique ne résonne que dans mon cœur et mes yeux sont chargés de silence.

Les reconnaîtras-tu, mon amie, ces mots sans musique?

Posez là votre lyre, mon amour; laissez à vos bras la liberté de m’enlacer.

Que mon cœur au toucher de vos doigts atteigne les extrêmes bords du sentiment.

Ne penchez pas la tête, ne la détournez pas; mais offrez-moi votre baiser comme l’arôme longtemps contenu dans un calice.

N’étouffez pas cette minute avec de vaines paroles, mais qu’une grande vague silencieuse nous entraîne vers des délices sans limites.

Page 1