‹ La fugitiveChapitre 25 sur 77 · XXVIII

XXVIII

Le murmure magique du printemps, entrebaillant une porte secrète, découvre la Princesse de beauté qui fit en moi sa demeure. Toujours elle fut là, blottie au fond d’un berceau d’illusions, et le rythme de mon cœur l’endormait. Aujourd’hui ses voiles se sont soulevés, les parfums errants des jardins enchantés l’ont frôlée et l’ont réveillée. Elle contemple avec surprise, reflétée dans un miroir poli, la marque nuptiale peinte sur son front en des temps oubliés.

J’entends les échos d’une ballade dont je ne sais si elle dit faux ou vrai, mais dont je sais qu’elle est étrange; mes pensées se sont enfuies vers le pays des choses qui n’arrivent pas mais qui sont; dans l’île aromatique qui repose au-delà des océans, des femmes tordent au soleil leurs cheveux humides, ou s’étendent sous les branches remuées des bois de santal... Et je courtise celles que je n’ai jamais vues et que jamais je ne connaîtrai.

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