‹ La fugitiveChapitre 53 sur 77 · V

V

Pour une fois, voyageur, sois imprudent et détourne-toi de ton chemin. Bien qu’éveillé, sois comme le jour captif d’un filet de brouillard.

N’évite pas le jardin des cœurs égarés, là-bas, au terme de la mauvaise route; là-bas où l’herbe est jonchée de fleurs rouges poussant à l’abandon, où des eaux mélancoliques sombrent dans la mer houleuse.

Longtemps, sans repos, tu as veillé sur le butin des années inutiles; qu’il soit enfin dissipé! Il te restera le triomphe désespéré d’avoir tout perdu.

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