‹ La fugitiveChapitre 55 sur 77 · VII - VIII

VII - VIII

Ne reste pas devant ma demeure avec des yeux avides qui me demandent mon secret. Ce n’est qu’une pierre menue striée de sang par la passion.

Quels dons m’apportent tes deux mains qui les veulent jeter devant moi dans la poussière? Si j’accepte, je crains d’être chargé d’une dette insolvable...

Ne reste pas devant ma fenêtre avec ta jeunesse et tes fleurs, elles insultent à ma misère!

Je sais qu’elle fut l’étoile de mon matin et qu’elle est revenue pour moi dans le ciel du soir, car je reconnais son sourire.

Je l’avais perdue pendant les lourdes heures de la journée; mais elle s’est embarquée pour un voyage solitaire qui devait nous réunir au seuil de la nuit.

Sa voix, jadis, troublait mon sang avec des tentations aventureuses; parmi les ombres elle murmure à présent des choses que je ne comprends pas.

Mais je sais qu’elle est toujours la même qui, sous des voiles changeants, me demande encore une parole d’amour!

Page 1