IX - X
J’allais la quitter. Elle ne parlait pas, mais je connaissais à sa langueur qu’elle eût aimé me retenir.
Maintes fois j’avais cru deviner la supplication de ses mains, bien qu’elle en fût inconsciente; ses bras hésitants eussent pu devenir une guirlande de jeunesse autour de mon cou...
Tant de gestes craintifs reviennent à ma mémoire et me révèlent des choses tenues secrètes jusque-là.
Derrière le grillage rouillé de la fenêtre une fille brune et laide est assise, pareille à une barque échouée sur les sables.
Après le travail du jour je retourne dans ma demeure, et mes regards sont attirés par elle.
Elle me fait songer à des lacs dont les eaux nocturnes seraient ourlées par le clair de lune.
Elle n’a que sa fenêtre pour toute liberté; c’est par là que la lumière du matin salue ses nostalgies; c’est par là que ses yeux sombres, comme des astres perdus retournent à leur ciel.