‹ La fugitiveChapitre 63 sur 77 · XVII

XVII

Quand nous nous sommes rencontrés mon cœur s’exprimait en musique: «Celle qui est à jamais loin de toi s’est à jamais rapprochée.»

Mon chant s’arrête, et j’en viens à croire ma Bien-Aimée toute proche, oubliant en vérité qu’elle est loin, très loin de moi.

La musique comble l’infini qui sépare nos deux âmes. Or ceci nous était caché jadis par le brumeux écran des choses quotidiennes.

Au sein des fugaces nuits d’été, lorsqu’une rumeur s’élève du silence, je pleure l’absence de celle qui est près de moi. Je m’interroge: «Quand donc pourrai-je murmurer à son oreille des mots qui portent en eux le rythme de l’éternité?»

Sortez de vos langueurs, ô mes chants! A travers l’écran déchiré des choses quotidiennes montez jusqu’à ma Bien-Aimée dans la surprise éternelle des premières rencontres!

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