‹ La Guerre des frèresChapitre 7 sur 7 · vii

vii

Elle s’éteint dans les ténèbres
La voix qui descendait du ciel,
Ainsi qu’autrefois Samuel
Le porteur des arrêts funèbres
Qui revint juger Israël.
Respecte-t-on la voix naguère vénérée ?
Chacun a-t-il remis le fer dans le fourreau
Pour ne pas achever une tâche abhorrée,
Pour ne pas disputer sa besogne au bourreau ?

Il serait beau de voir cette foule, attendrie,
Se souvenir qu’elle eut une même patrie ;
De voir ces autres Grecs et ces autres Troyens
Se juger et sentir avec remords et honte
Qu’ils doivent au passé du présent rendre compte,
Et que les grands soldats sont les grands citoyens.
Mais non ! les bannières flottantes
Dressent leur défi sur les tentes ;
Le tocsin hurle dans les tours ;
Elles courent, les deux armées,
Parmi les sinistres fumées
Vers le rendez-vous des vautours !…
L’antique conscience est morte au fond des âmes ;
Et l’on ne verra plus, après ces chocs infâmes,
Le vaisseau l’Union promener fièrement
Son drapeau constellé comme le firmament.

FIN.

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