‹ La GuerreChapitre 3 sur 116 · SCENE II

SCENE II

Les précédents, puis un domestique

Zampieri, criant.– Descendrez-vous, canailles ! Des-cendrez-vous !

(Les enfants se laissent glisser et se sauvent.)

Jonas. – Quelle race !

Le domestique, arrivant tout essoufflé. – Le signor Zampieri ?

Zampieri, arrivant derrière. – Me voilà.

Le domestique. – Signor Zampieri, la signora Isabella vous demande de lui faire la grâce…

Zampieri, encore fâché. – Je sais… je sais… la signora veut voir passer le feld-maréchal Souworow, avec son petit casque et son grand sabre… Il lui faudrait une fenêtre sur la place… Toutes mes fenêtres sont louées.

Le domestique. – Pour la signora…

Zampieri. – Pour la signora Isabella, j’entends bien. Toutes mes fenêtres sont louées, il fallait venir hier.

Le domestique, d’un accent pathétique. – Ah ! signor Zampieri, vous êtes cruel.

Zampieri, avec emportement. – Hé ! je ne puis pas trouver de fenêtres dans ma maison, quand il n’y en a plus.

Le domestique. – Oh ! signor Zampieri, pour la signora !

Zampieri, se fâchant.– Allez au diable ! Pour la signora !… pour la signora !

Marietta, arrangeant des vêtements à l’étalage. – Allez chez l’épicier du coin, tenez, là… il en a, lui… mais dépêchez-vous, le Te Deum va finir.

Le domestique, s’en allant. – La sainte Madone vous entende ! signora Marietta.

Zampieri, à Jonas.– Quel ennui… Des fenêtres… des fenêtres, pour voir passer ce vieux barbare !…

Jonas, regardant les balcons. – Je voudrais bien en avoir quelques-unes à louer, cela ne m’ennuierait pas du tout, au contraire.

(Un général russe et un vieillard en costume d’émigré paraissent à droite.)

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