L'HYACINTHE[108]
Alors que d'un Garçon je devins une Fleur, Le Dieu qui me perdoit voulut que sa douleur Dessus mes feuilles fût tracée; Mais te couronnant aujourd'huy, Qu'on ne s'estonne point de la veoir effacée, Je gaigne plus en toy que je ne perds en luy[109].
ANONYME.
[108] P. 1109 du manuscrit.
[109] Le titre de cette pièce a été écrit de la main même de Conrart, ainsi que le mot EN, qui paraît deux fois dans le dernier vers, comme correctif à
Je gaigne plus de toy que je ne perds de lui.
[Illustration]
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PIÈCES
CONSERVÉES DANS LES POÉSIES DE MALLEVILLE
Sous le titre Madrigaux.
LE SOUCY
SOUS LE NOM DE CLYTIE
AU SOLEIL
Perfide Amant, je te declare Que mon cœur n'est plus ton captif; C'est trop chercher un fugitif Et trop reclamer un barbare. Un plus admirable flambeau, Un Astre plus doux et plus beau Me vient guerir de ma folie. J'adore son feu nompareil, Et ne cognois plus de Soleil Que dans les beaux yeux de JULIE[110].
[110] Poésies de Malleville, in-4º, chez Augustin Courbé, Paris, 1649, p. 264. (Également dans l'in-12, à Paris, chez Nicolas Bessin, 1659.)
SUR LA FLEUR DE GRENADE
Moy qui pouvois passer pour la Reyne des Fleurs, Je seiche, je languis, je flestris et je meurs Quand je voy ces beaux yeux, dont l'esclat me surmonte; Mon teint n'a plus ce feu qui brilloit vivement, Et s'il rougit encore, il rougit seulement De depit et de honte[111].
[111] Poésies, 1649, p. 268.
LE NARCISSE
Après m'estre perdu dans une onde perfide, Je seiche au feu des yeux d'une belle homicide, Quand je luy rend hommage et m'acquitte d'un vœu. O Destin, qui me fais cette injure seconde! N'estoit-ce pas assez d'avoir pery par l'onde Sans perir par le feu[112]?
[112] Poésies, 1649, p. 268.
LA FLEUR D'ADONIS
Je suis si fragile en mon estre Que je ne puis longtemps fleurir; Le vent qui les Roses fait naistre Est si fort qu'il me fait mourir. Je dépens du moindre Zephyre, Et dès le moment qu'il souspire Je tombe à terre et ne vis plus: Mais si je suis sur vostre teste, Ne seray-je pas au-dessus Et des vents et de la tempeste[113]?
[113] Poésies, 1649, p. 269.
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FLEURS INÉDITES
DE M. DE SCUDÉRY
DESTINÉES A LA GVIRLANDE DE LA PRINCESSE IVLIE
ADVERTISSEMENT[114]
Tovs les bons esprits de la Cour, ayans trauaillé à la Guirlande de cette excellente personne à qui i'offre ce liure, pour y contribuer quelque chose, j'ay voulu cueillir ces fleurs au pied du Parnasse, où je n'ay pas le droict de monter comme eux.--Leur forme, leur couleur, leur nature, ou les Fables qui s'en voyent, m'ont fourny les pensées sur ce sujet; et je croy que c'estoit ainsy que je le deuois traitter: Sois en iuge comme du reste de mes ouvrages.
De Scvdery.
[114] Ce curieux avertissement et les madrigaux suivants se trouvent à la suite du Vassal généreux, poëme tragi-comique, dédié par M. de Scudéry à Mlle de Rambouillet (Paris, A. Courbé, 1636). Ce qui donne une grande valeur à ce document, c'est l'année même de sa publication, 1636. La Guirlande ayant été mise au jour en 1641, il en résulterait que les madrigaux étaient achevés depuis fort longtemps lorsque Jarry se mit à l'œuvre.
Scudéry fut présenté à l'hôtel de Rambouillet, vers 1631, par le poëte Chandeville, son ami, mort quelque temps après.
Suivent douze fleurs destinées à la Guirlande de Julie, parmi lesquelles les sept madrigaux que nous publions[115], et qui ne font pas partie du texte original, ni des éditions de la Guirlande données jusqu'alors.
[115] Nous avons suivi textuellement, pour ces sept madrigaux, l'orthographe de l'édition de Courbé.
LA PENSÉE
I'estein mes flames insensées, Ie reste aux termes du devoir, Iugeant que vous voulez avoir De plus hautes pensées; Je cède vostre front à l'orgueil du Iasmin, Et suffira pour moy de parer le chemin (Sans pleurs et sans melancholie) Que fouleront les pas de la belle Ivlie.