‹ La lyre héroïque et dolenteChapitre 51 sur 56 · V

V

Le ciel est gris comme une aile de tourterelle Que teinterait un peu de rose veiné d'or; Là-bas, le cap lointain dont la mâchoire mord L'horizon sombre est las de sa longue querelle Et la brume a brisé les dents du monstre mort.

EN MORVAN

A Jacques Derbanne.

L'ombre s'enroule aux flancs des collines farouches Et pèse sur les bois et les versants herbeux Où dorment lourdement les immobiles boeufs; Elle fait grimacer les arbres et les souches Des saules noirs pareils à des jeteurs de sorts, Tandis que par les vaux mystérieux et morts Le monotone appel des hulottes réplique Au sifflement du vent dans le houx métallique Qui vibre hostilement comme une armure et luit Et l'eau sauvage hurle entre les roches grises, Ainsi que défaillant de hautes entreprises Une guerrière blanche en fuite dans la nuit.

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